Dreux, une histoire millénaire
Facilement accessible depuis Paris en train - à environ 45 minutes depuis la gare Montparnasse- Dreux, labellisé Ville d’Art et d’Histoire se révèle idéale pour une escapade culturelle. Il faut dire que mille ans d’histoire la contemple… Dreux tire ses origines de l’Antiquité en tant qu’oppidum de la tribu gauloise des Durocasses sous le nom de Durocassium. Établie au bord de la Blaise, la cité se développe principalement au Moyen-Âge en raison de sa position de ville frontière cruciale entre le Royaume de France et le duché de Normandie. Son château fortifié compte alors parmi les plus puissants de la région. L’industrie du drap et le commerce font prospérer la cité drouaise. C’est d’ailleurs de cette époque que date le magnifique Beffroi, symbole de la puissance des riches bourgeois de la ville. Toutefois, au XVI° siècle, la ville subit de plein fouet les ravages des guerres de Religion. À la Révolution française, le château est vendu comme bien national et ses pierres sont réutilisées comme matériaux de construction. De nos jours, les éléments de l’ancienne forteresse sont encore visibles et se composent d’une ceinture de remparts flanquée de tours de défense, ainsi que de la structure du donjon, édifié au XIII ème siècle.
La chapelle et le château d'Anet - © Catherine Monbreault
Le domaine royal de Dreux, nécropole royale des Orléans
Nécropole de la famille d’Orléans - © Catherine Monbreault
En 1816, Louise-Marie Adélaïde de Bourbon, duchesse d’Orléans de retour en France après l’exil, entreprend de remettre en état les sépultures familiales des Bourbon-Penthièvre profanées ou endommagées durant la Révolution. Aussi, elle fait bâtir la partie haute de la chapelle qui deviendra la future Chapelle royale Saint-Louis de Dreux, conçue pour accueillir la nécropole de la famille d’Orléans. En 1839, elle est agrandie par Louis-Philippe pour en faire une nécropole royale, en quelque sorte, un « Saint-Denis des Orléans ». Pour apporter tout le prestige nécessaire à cette réalisation, les artistes les plus en vogue de l’époque, Viollet-le-Duc, Ingres, Vernet ou encore Flandrin sont mis à contribution. Ils réalisent de magnifiques vitraux de la manufacture de Sèvres, des glaces peintes ou encore d’impressionnantes sculptures en marbre de Carrare…Des des œuvres d’une rare beauté.
Lors de la visite dans la crypte, l’on peut admirer une cinquantaine de gisants de marbre qui ornent les sépultures les plus anciennes. Parmi elles, le mausolée monumental du dernier roi des Français Louis-Philippe et de son épouse, la reine Marie-Amélie, sculpté par Antonin Mercié.
Le centre historique
Le Beffroi - © Catherine Monbreault
Dominé par la Chapelle Royale, le vieux quartier ceinturé par la Blaise, rappelle la vocation défensive de la ville. En parcourant ce centre historique, ne manquez pas le Beffroi dont la silhouette s’impose sur la Place Métezeau.
Construit à la fin du XVe siècle, cet élégant édifice Renaissance séduit par la finesse de sa façade et ses nombreux détails sculptés.
Seul beffroi d’Eure-et-Loir, ancien hôtel-de-ville, il témoigne de l’importance acquise par la ville à cette époque et constitue l’un de ses monuments emblématiques.
Construit à la fin du XVe siècle, cet élégant édifice Renaissance séduit par la finesse de sa façade et ses nombreux détails sculptés.
Seul beffroi d’Eure-et-Loir, ancien hôtel-de-ville, il témoigne de l’importance acquise par la ville à cette époque et constitue l’un de ses monuments emblématiques.
Ici, chaque rue, chaque façade raconte un fragment d’histoire, mêlant mémoire royale, artisanat local et douceur de vivre.
Avant de quitter Dreux, faites deux haltes. La première, à la boutique « Ô p’tits fruits d’Anne » où dans un cadre chaleureux, sont proposées des gourmandises faites maison, gelées, confitures, sirops, pâtes de fruits, miels ainsi qu’une sélection de produits fermiers & locaux.
Buche de Noël - © Addiction Pâtisserie par Alexis Beaufils, Champion du Monde des Arts Sucrés 2022 - © Catherine Montbreault
La seconde s’appelle Addiction Pâtisserie et est la création d’Alexis Beaufils, champion du monde des Arts Sucrés. Un pâtissier qui incarne à la fois l’héritage de la grande tradition pâtissière et le sens profond de la gourmandise. Une étape incontournable de la visite de Dreux, une cité qui ne manque pas d’attrait.
Direction Anet à une quinzaine de kilomètres de là, écrin de verdure étalé entre la Forêt Domaniale de Dreux et la Vallée de l'Eure. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d’un site Natura 2000 et d’une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. Mais pas seulement…
Le château d’Anet - © Catherine Montbreault
Le château d’Anet, une histoire d’amour royale
Diane de Poitiers
Anet est connue pour son château fascinant, et romantique, joyau de la Renaissance française et témoin d’une histoire royale presque interdite ! Sur l’emplacement d’un premier bâti datant du 12ème siècle, Henri II confie à son architecte Philibert de l’Orme le soin de construire un somptueux château pour sa maîtresse Diane de Poitiers entre 1547 et 1552. Humaniste éclairé, celui-ci est l’un des plus grands artistes de la Renaissance française qui s’est notamment illustré en bâtissant le château de Chenonceau et en apportant d’essentielles modifications à ceux de Vincennes et Fontainebleau. Il fit donc les choses en grand en appelant les meilleurs artistes de l’époque tels que Benvenuto Cellini, Germain Pilon, Jean Cousin et Léonard Limousin pour façonner ce trésor qu’est le château d’Anet.
La révolution et les années qui suivirent, faillirent amener l'anéantissement du château. Confisqué, vendu comme bien national, il fut d'abord mis à sac, puis les démolisseurs s'attaquèrent à l'édifice ; le corps du logis central et une partie de l'aile droite furent détruits.
La révolution et les années qui suivirent, faillirent amener l'anéantissement du château. Confisqué, vendu comme bien national, il fut d'abord mis à sac, puis les démolisseurs s'attaquèrent à l'édifice ; le corps du logis central et une partie de l'aile droite furent détruits.
© Catherine Montbreault
À partir de 1840, commence l'ère des restaurations. Cinq générations de propriétaires appartenant à la même famille ont réussi avec goût et patience, à rendre à ce beau domaine, une part de sa splendeur d’autrefois.
Le domaine comprend aujourd’hui le magnifique château de Diane dont il ne subsiste plus qu’une aile, la chapelle royale en croix grecque, chef d’œuvre d’originalité avec son damier en trompe l’œil, le portail triomphal dans lequel est enchâssée la curieuse horloge qui indique les phases de la Lune et la chapelle funéraire dans laquelle Diane repose à nouveau depuis le 29 mai 2010. Mais qui est Diane de Poitiers célèbre par sa beauté, intelligente, ambitieuse et surnommée la « plus que reine », se comportant en véritable souveraine, éclipsant Catherine de Médicis, l’épouse du roi ?
Le château d’Anet - © Vincent Guionetet - La chapelle ou repose Diane de Poitiers - © Catherine Montbreault
Diane a été mariée à quinze ans, le 29 mars 1515, à Louis de Brézé, grand sénéchal de Normandie, baron de quarante ans son aîné, et nommée dame d'honneur de la reine. Veuve en 1531, elle séduit le duc d'Orléans, futur Henri II et exerce alors une influence croissante à la cour…
© Catherine Montbreault
Avec l'avènement d'Henri II, cette influence se renforce. Elle devient " conseillère du prince ", puis, en 1548, duchesse de Valentinois puis duchesse d’Étampes . Elle se fait donner forêts, châteaux, dont Chenonceaux, et porte haut les joyaux de la couronne. Partout on retrouve son monogramme qui se mêle à celui de son royal amant. Bien qu'Henri II soit déjà l'époux de Catherine de Médicis, elle exerce sur lui une véritable fascination bien qu'elle soit de dix-neuf ans son aînée. Lors du tournoi fatal de 1559, Henri II porte les couleurs de sa dame, le blanc et le noir, et allie le monogramme royal à celui de sa maîtresse. Mortellement blessé, c'est chez elle qu'il se fait porter. Après la disparition du roi, Catherine de Médicis sans plus attendre prend sa revanche en mettant fin au rôle politique de Diane, en l’invitant à quitter la cour, à abandonner Chenonceaux et à se retirer à Anet où elle meurt en 1566. Selon son désir, et pour abriter son tombeau, œuvre de Pierre Bontemps, sa fille Louise de Brézé, duchesse d’Aumale fait élever près du château une chapelle funéraire qui vient d’être restaurée.
Cultivée, protectrice des lettres et des arts, elle a servi de modèle à de nombreux artistes. On reconnaît son portrait dans la Diane chasseresse du Louvre attribué à l’école de Fontainebleau, à Diane de Poitiers portant le deuil de son mari réalisé par le peintre François Clouet, mais aussi à la Fontaine de Diane sculpture de marbre de style maniériste représentant la favorite en déesse Diane et autres anonymes …
Centre d’interprétation de la Renaissance
Le Centre qui se trouve juste en face du château, dans l’ancienne Poste de la ville est une plongée inédite dans la Renaissance, période faste de renouveau artistique et culturel. A travers de nombreux dispositifs interactifs et grâce à un spectacle immersif unique à 360°, on retrouve les splendeurs de cette riche période. Ici, on part à la découverte des personnages qui ont fait le château d'Anet, entre légende et réalité. Le cabinet de l'architecte dévoile les secrets de construction du château que l’on peut admirer depuis la terrasse. Un lieu de découverte ludique, interactif, instructif à ne manquer sous aucun prétexte !
© Domaine de Primard
Pour terminer en beauté cette escapade , allez pousser la porte du Bistrot Martin, le restaurant bistronomique du Domaine de Primard, ancienne demeure campagnarde de Catherine Deneuve aux jardins enchanteurs, devenu le dernier opus de la collection hôtelière Domaine de Fontenille.
Informations pratiques
Domaine Royal de Dreux, 2 Square d’Aumale, 28100 Dreux. domaine-royal-dreux.com
Château d’Anet, 2 Place du Château, 28260 Anet. chateau-d-anet.com
Addiction Pâtisserie, 27, rue de Senarmont, 28100 Dreux. addictionpatisserie.com
Ô petits fruits d’Anne, 14 rue Saint-Pierre, 28100 Dreux. optitsfruitsdanne.fr
Domaine de Primard, D16, 28260 Guainville. domainedeprimard.fontenille-collection.com
À lire :
L’excellent Cartoville Pays de Dreux, Vallées de l’Eure, de la Blaise et de l’Avre de l’autrice Marcelle Ratafia. Avec ce nouveau Cartoville, nature royale en Pays de Dreux et Voyages Gallimard proposent une nouvelle porte d’entrée sur le territoire, conçue pour celles et ceux qui souhaitent y passer quelques jours comme pour ceux qui veulent en explorer de nouvelles facettes. 9,99€; Voyages Gallimard. En vente en librairie et à l’Office de Tourisme du Pays de Dreux. gallimard.fr
Office de Tourisme de l’Agglo du Pays de Dreux, 9 Cour de l’Hôtel Dieu, 28100 Dreux.
Office de Tourisme de l’Agglo du Pays de Dreux, 1 Place du Château, 28260 Anet
Nature Royale en Pays de Dreux : ot-dreux.fr