La Guyane, la plus surprenante des destinations françaises



Située en Amérique du Sud entre le Suriname et le Brésil, mais département français, la Guyane est une terre de découvertes où chaque site historique, chaque expérience raconte une histoire.



© Wladimir Kinnoo
Ce territoire méconnu, bordé par l’océan Atlantique est une destination hors des sentiers battus, qui invite au dépaysement total. Suivez le guide.

​Immersion amérindienne au centre Kalawachi

Les peuples amérindiens viennent d’Asie, ont franchi le détroit de Béring il y a 40 000 ans et sont arrivés en Guyane entre 8 000 et 1 500 avant JC. Parmi les anciens peuples amérindiens vivant en Guyane à l’époque précolombienne, certains sont toujours présents comme les Wayanas (Haut Maroni) ou les Caribs (Kalina du littoral). Les Amérindiens ont laissé peu de traces archéologiques et l’on connait peu de choses sur leur représentation du monde car leurs traditions étaient orales. 

© Catherine Monbrault
Toutefois, on a retrouvé des gravures rupestres. Parmi elles, les roches gravées de la Carapa à Kourou avec bon nombre de motifs animaliers. Les Amérindiens vivaient en tribus dans la forêt ou sur le littoral mais étaient peu hiérarchisés, les chefs ayant peu de pouvoir. L’un des personnages importants de leur société était le chamane qui avait un rôle médical et religieux. Les Amérindiens avaient une religion animiste, ils croyaient aux esprits. Dans la vie de tous les jours les hommes et les femmes avaient des tâches respectives bien définies. Les hommes chassaient, pêchaient et défrichaient les abattis. Les femmes cultivaient et entretenaient le foyer.

© Catherine Monbrault
Selon l’ethnologue Éric Navet, on estime qu’au 17ème siècle, la population des autochtones amérindiens de Guyane s’élevait à 30 000 personnes réparties dans plusieurs dizaines de tribus .De nos jours, on estime leur nombre à environ 7 000, rassemblés en 3 familles amérindiennes en Guyane française: la famille arawak (les Arawak et les Palikour), la famille caribe (les Kalihna et les Wayana) et la famille tupi-guarani (les Emerillon et les Wayampi).

Le Centre Kalawachi, dont le nom provient d’une plante verte à fleurs jaunes, est un centre de préservation et de valorisation de cette culture amérindienne, fondé en 2009, à Kourou par Jean-Pierre Joseph, sa femme et son frère Henri.  Aujourd’hui, c’est Hugo Tawali Joseph, son fils qui est à la tête de l’association. Dans un cadre de végétation luxuriante de trois hectares, on est accueilli dans un grand carbet traditionnel. C’est dans l’antre de ce lieu de rencontre que sont organisés des ateliers artistiques. Parmi eux: de la  vannerie, avec une équipe de femmes palikours qui apprennent à tresser un panier avec lequel on repart,  de la gravure sur calebasse, fruit du calebassier dont l’écorce séchée sert de récipient ou d’objet de décoration.

© Catherine Monbrault
Ici, la pharmacopée amérindienne est également mise à l’honneur avec un cours de botanique expliqué dans un jardin médicinal où chaque plante est un trésor. Certaines plantes permettent de guérir, d’autres de prévenir les maladies. Les jeunes feuilles de «  Quassia amara », par exemple sont utilisées en tisane comme remède traditionnel contre le paludisme, la sève de noix de cajou sert à se débarrasser des verrues, les feuilles de cotonniers bouillies permettent de soulager les problèmes digestifs, l’huile de carapa ( ou Touloucouna) apaise les peaux irritées, les piqures de moustiques…Les visiteurs peuvent aussi découvrir des plantes vivrières, telles le riz, le maïs, le manioc ou encore le blé, cultures essentielles destinées à l’alimentation.

Au Centre Kalawachi, la demi-journée découverte se termine avec des jeux récréatifs ( toupies, jeu du diable, tir à l’arc) suivi d’un déjeuner traditionnel composé d’un kasilipo, plat traditionnel à base de manioc, accompagné d’un Kachiri d’ananas. On adore.

Les Îles du Salut : Île du Diable (à gauche) - Île Royale (au premier plan) - Île Saint-Joseph (au fond) - (© P. Baudon/Service optique CNES

​Cap sur les Îles du Salut

À plusieurs encablures au large de Kourou, à une heure de bateau, les Îles du Salut. Cet archipel d’origine volcanique composé de trois îles aux allures de cartes postales - l’île Royale, l’île Saint-Joseph et l’île du Diable- est un joyau touristique qui pourtant pendant un siècle a accueilli quelques 70 000 bagnards ! Lorsque l’on débarque dans ce qui ressemble à un petit paradis entouré d’eau turquoise et planté de cocotiers, on est loin d’imaginer que les Iles du Salut ont abrité jusqu’en 1947 le terrible bagne de Guyane ! 

Aujourd’hui deux d’entre elles sont accessibles depuis la mer, les îles Royale et Saint-Joseph. L’accès à l’île du Diable, connue pour avoir abrité pendant 4 années le capitaine Alfred Dreyfus est strictement interdit en raison des forts courants qui la bordent. Saint-Joseph a conservé les traces de la réclusion. 

© Catherine Monbrault
La végétation a repris ses droits, les racines ont colonisé les pierres mais les vestiges sont là, bien présents. Un mariage qui confère au lieu une dignité souveraine, où l’histoire se raconte. Le sentier balisé du tour de la Royale se fait en une heure en longeant la côte où viennent se fracasser les vagues. Sur le chemin, il n’est pas rare de rencontrer des agoutis, petits rongeurs de la taille d’un lapin à la couleur rousse, pas rare non plus de croiser des petits singes chapardeurs, des aras aux couleurs flamboyantes en admirant des panoramas spectaculaires comme celui de l’Anse Le Goff. Pour compléter l’expérience, l’on peut dormir et manger sur l’île, à l’auberge des îles afin de découvrir le musée du bagne et de prendre le temps de se baigner dans la piscine des bagnards construite de leurs mains, à l’aide de béton et d’énormes rochers. 

Le marché de Cacao - © Catherine Monbrault

​Un dimanche à Cacao, village Hmong

© Catherine Monbrault
Il y a plus de quarante ans, les premiers réfugiés politiques Hmong, qui fuyaient le régime communiste du Laos, étaient accueillis en Guyane. Aujourd’hui, ils représentent 2% de la population, sont les premiers cultivateurs du territoire et, ont leur village Cacao connu pour son marché qui a lieu chaque dimanche matin. Sur ce marché en ébullition on compte pléthore d’exposants. En plein air, on trouve des marchands qui proposent toutes sortes de fleurs ( amarantes, alpinias…), des fruits exotiques ( mangues, pamplemousses Chadek,  maracujas , ramboutants…), des légumes ( choux chinois , salades …).

Un peu plus loin, des restaurateurs préparent des spécialités, soupe, crevettes au lait de coco, porc au caramel ou encore poissons de Guyane cuisinés à la mode laotienne. Pendant que d’autres servent la soussa, une boisson composée de caramel, lait de soja, riz fermenté et tapioca.  Un petit détour sous la halle permet de découvrir une facette très intéressante de l’artisanat Hmong: des broderies minutieuses, des sacs, porte-monnaie, des bijoux en perles mais aussi des robes ethniques traditionnelles aux designs vibrants et colorés. Un village unique où les Hmongs ont su préserver leurs traditions ! 

Dans le Camp de la Transportation - © Catherine Monbrault

​Les incontournables de La Guyane française

Henri Charrière alias « Papillon » a gravé son passage dans la Camp de la Transportation - © Catherine Monbrault

Saint-Laurent-du-Maroni : Lovée sur les berges du fleuve Maroni, aux portes du Suriname, à 260 kms de Cayenne, Saint Laurent du Maroni, une ville fondée en 1858 qui prend le nom du gouverneur de l’époque. Pendant près d’un siècle, elle sera le centre du système pénitentiaire en Guyane française.  Des milliers de prisonniers y seront envoyés. Parmi eux, Henri Charrière alias  «  Papillon ».  La visite guidée du Camp de la Transportation permet de découvrir l’histoire de cette époque, les conditions de vie des détenus et l’atmosphère qui y régnait.

© Catherine Monbrault - Vue aérienne du Centre Spatial Guyanais © Stephane Corvaja

Le Centre Spatial

© ESA Stéphane Corvaja
La Guyane a été choisie dans les années 1960 pour accueillir les activités spatiales- sur plus de 300 hectares-, en raison de ses atouts géographiques uniques: proximité de l’équateur, ouverture océanique, stabilité sismique et absence de cyclones. À Kourou, la visite guidée gratuite du Centre Spatial Guyanais - CSG-,  d’une durée de 3h30 se fait en mini bus. Au programme, la salle Jupiter au cœur des centres de contrôle et des pas de tir, dont le plus récent est celui d’Ariane 6. L’exploration de Guyaspace Expérience, une déambulation instructive grâce à des supports multimédia, écrans interactifs, planétarium, maquettes de lanceurs et de satellites, objets à manipuler et autres  témoignages audio et vidéo… Fabuleux. Mais aussi la découverte des savanes car bien que technologique, le CSG est aussi un concentré de biodiversité où vivent plus de 700 espèces différentes. Ici jaguars, paresseux, caïmans et autres animaux vivent dans une certaine quiétude car la chasse y est interdite ! 

Mo kontan to Cayenne » (Je t'aime Cayenne) - © Aurélien BRUSINI

Cayenne : Chef -lieu et capitale guyanaise,

Cayenne, est située sur la côte atlantique du territoire. Construite sur un plan en damier imaginé au 18ème siècle, la ville qui se découvre à pied dévoile ses charmes à travers ses maisons créoles hautes en couleurs que l’on trouve surtout autour de La place des Palmistes. Cœur névralgique de la cité, cette place où sont plantés des palmiers géants a , en son centre la statue de Félix Eboué. À l’angle de l’avenue du général de Gaulle  et de la rue Malouet, le bar des Palmistes institution centenaire qui cache derrière sa façade une cour intérieure où il est agréable de manger des plats locaux et siroter des cocktails. Construite dans le style créole, cette grande maison est à ossature bois et parois de briques. Son ornementation architecturale extérieure avec ses garde-corps en fonte, ses corniches métalliques et ses épis de faîtage est tout simplement remarquable. À quelques encablures de là, le Marché couvert à ossature métallique installé place du Coq depuis 1910. L’occasion de découvrir l’artisanat ainsi que bon nombre de produits locaux. Un rendez-vous immanquable. Plus loin, Le Musée des cultures guyanaises, la cathédrale Saint-Sauveur, le Fort Cépérou qui marque la création de la ville, la pointe Buzaré sans oublier les plages qui sont accessibles en quelques minutes ! 

© Catherine Monbrault
Pour un dépaysement total, et un retour aux sources en toute sérénité rien de mieux que de partir en immersion dans la forêt amazonienne. Plusieurs camps proposent des hébergements. Parmi eux,  le Camp Canopée qui offre l’opportunité de dormir dans les arbres, dans un carbet arboricole perché à 10 m dans les branches ! Accessible en pirogue, ce camp offre des repas faits maison,  des balades naturalistes guidées pour découvrir la richesse de la faune et de la flore tropicales ainsi qu’un parcours acrobatique sécurisé  avec ponts suspendus, tyroliennes et passerelles aériennes. Une expérience à couper le souffle au cœur du plus grand réservoir de biodiversité au monde. 

Informations pratiques :

Le vol
- Air Caraîbes, compagnie aérienne française régulière spécialiste des vols vers les Caraïbes et la Guyane, propose plusieurs vols hebdomadaires entre Paris Orly et Cayenne. Temps de vol: 9h. La compagnie propose 3 classes de service: Soleil ( économique), Caraïbes ( Pretium Economy), Madras ( Affaires). aircaraibes.com
 
Où Dormir ? 
Hotel Ibis Style Cayenne , 26-28 avenue du Général de Gaulle, Cayenne, 97300 Cayenne, Guyane française. all.accor.com
Hotel Mercure Kourou Ariatel , Avenue De St Exupéry, Kourou 97310, Guyane française. all.accor.com
Auberge des Îles, Port des Balourous, 97300 Île Royale. auberge-des-iles.fr
Hôtel Atlantis Kourou, Lieu dit Lac Bois Diable , 1 rue St Exupéry, 97130 Kourou. atlantiskourou.com
 
À Découvrir :
Centre spatial Guyanais, 97387 Rte de l'Espace, 97310 Kourou, Guyane française. centrespatialguyanais.cnes.fr
Archipel des Îles du Salut, avec la navette Promaritime, 16, Centre Katoury ( Rocade Zéphyr), 97300 Cayenne, Guyane française. promaritimeguyane.fr
Centre Culturel Amérindien Kalawachi, Route de Dégrad Samaraca, 97310 Kourou, Guyane française. guyane-amazonie.fr
Bar des Palmistes, 12 avenue du Général de Gaulle, 97300 Cayenne, Guyane française.
 
Carnet de Voyage
- Certificat de vaccination contre la Fièvre Jaune obligatoire . 
- Carte d’identité en cours de validité ou passeport pour les français et ressortissants de l’UE
- L’Euro est la monnaie
Pour éloigner les piqûres de moustiques des pieds sensibles, munissez vous des sandales Mosquitoès de la marque Cacatoès  qui intègrent la technologie Protector. Celle-ci repose Leur repose sur 2 actifs reconnus: l’extrait d’eucalyptus citronné, et l’IR3535, substance validée par l’OMS pour éloigner les moustiques. Vendues en pharmacies et parapharmacies. mycacatoes.com 
Attention de ne pas confondre le département d’outre-mer, la Guyane française et le Guyana, qui est un pays indépendant, ancienne colonie britannique, dont la capitale est Georgetown. Les deux “Guyane” sont séparées par le Suriname et n’ont rien à voir entre eux.

Guyane Amazonie : guyane-amazonie.fr

 
Mardi 17 Mars 2026
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