« La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir », au Musée national de la Marine.



Dans le cadre de l’anniversaire des 400 ans de la Marine, le musée national de la Marine organise une exposition qui retrace plusieurs siècles d’art et d’Histoire. Jusqu’au 2 août, « La marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir » invite à poser un nouveau regard sur les peintres du XVIIème au XXème siècle qui ont été les témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers.



Ce sujet méconnu du grand public  est traité de manière chronologique à travers près de 150 peintures et plus de 90 artistes. La scénographie se déploie depuis l’essor de la Marine sous Louis XIII jusqu’aux visions modernes du siècle dernier. Cette exposition met en lumière la manière dont l’art a accompagné, magnifié, interrogé ou contesté la puissance maritime française.
Napoléon Ier et Marie-Louise assistent au lancement du vaisseau Le Friedland dans le port d'Anvers, 1810 - Ignace Van Bree, 1810 - Huile sur toile - © GrandPalais/Rmn (Château de Versailles) / Franck Raux

Parcours de l’exposition

- 1626 : l'essor de la Marine française au service du pouvoir
L’exposition commence en octobre 1626, lorsque le roi Louis XIII octroie au cardinal de Richelieu, son principal ministre, la charge de « Grand Maître, Chef et Surintendant général de la navigation et commerce de France ». Avant cette date, il n’existe pas de véritable corps de la marine de guerre. La création d'une Marine permanente devient nécessaire, à la fois pour renforcer les frontières maritimes du royaume, mais aussi pour participer à la maîtrise des mers et se hisser au rang des grandes puissances du temps, aux côtés des Provinces-Unies, de l'Espagne, l'Angleterre, Venise ou l'Empire ottoman. Louis XIII unifie et centralise le pouvoir sur mer.

Ravitaillement de l’île de Ré par Claude de Rasilly, 1627 - Claude Vignon, 1642 - Huile sur toile - © musée national de la Marine/P.Dantec

​— Subdidit oceanum. « Il a vaincu l'océan »

Au milieu de la guerre de Trente Ans, le siège de La Rochelle place de sûreté du parti protestant soutenue par les Anglais, constitue une victoire militaire et politique majeure d’une grande portée artistique. Louis XIII, qui a conduit ce siège avec le cardinal de Richelieu, confie à Jacques Callot, en 1629, des gravures sur l’attaque du fort de Saint-Martin-de-Ré et le siège de La Rochelle. De nombreux peintres français, flamands et hollandais, anonymes ou non, s’inspirent de ce travail : vues à vol d’oiseau, paysage de marine et bataille terrestre et navale.

— La magnificience de la puissance navale
Après la victoire sur la Fronde et la mort du cardinal Mazarin, le jeune Louis XIV nomme Jean-Baptiste Colbert ministre, puis secrétaire d’État à la Marine en 1669, Colbert dote le royaume d’une puissante armée navale. L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille des artistes chargés de représenter les hauts faits maritimes du roi. Charles Le Brun et Pierre Mignard rivalisent dans le langage allégorique maritime pour les décors du Louvre et de Versailles.

— Un moment de perfection de l'art pour la Marine royale
Les bénéfices de la paix sous la Régence et au début du règne de Louis XV, puis les revers de la flotte française lors de la guerre de Sept Ans, reportent l’attention sur les ports qui symbolisent l'expansion économique. L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille Vernet avec zèle. L’emblématique série des Ports de France de ce dernier, commandée en 1753 par Louis XV, met en image un rêve grandiose de prospérité et de puissance.

La flotte française se rendant de Cherbourg à Brest, 1858 Théodore Gudin, 1861 - Huile sur toile - © musée national de la Marine/P.Dantec

— La Marine et l'irruption de l'Histoire dans l’art
La Révolution française ouvre un siècle passionné d’Histoire et d’actualité. Si la Marine révolutionnaire, puis impériale ne parvient pas à vaincre l’Angleterre, elle trouve dans la peinture de bataille navale le moyen de magnifier les actes de courage. Les héritiers de Vernet que sont Hue, Louis-Philippe Crépin et l’anversois Mathieu Ignace Van Brée mettent en scène la force navale de l’Empire.

— L'ancre et le pinceau sous le Second Empire et la IIIe République
L’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte qui devient Napoléon III en 1852, favorise les innovations techniques et scientifiques en matière navale. Jean-Baptiste Durand‑Brager, élève d’Isabey, peint cette renaissance de la flotte à l’occasion de la guerre de Crimée. Les commandes de tableaux valorisent les expéditions coloniales à travers le monde. La peinture d’histoire ou contemporaine navale hérite d’une tradition de composition équilibrée, offrant une vue large du champ de la scène, une vraisemblance visuelle et une lisibilité des navires. Elle évolue vers le genre, le décoratif et l’histoire sociale. La peinture militaire, genre nouveau qui s’affirme après 1870, s’attache à la figure du marin.

Combat du 20 avril 1944 - Léon Haffner, 1953 Huile sur aggloméré - ©musée national de la Marine/C.Rabourdin
— Le statut des peintres et la diversité des inspirations
La transition de la peinture d’histoire navale vers la peinture militaire se manifeste chez Léon Couturier qui s’attache à la figure du marin. À l’apogée de sa carrière, Félix Ziem peint, sous le soleil de Toulon comme son ami François Nardi, la visite du président Émile Loubet aux escadres en 1901. Charles Fouqueray, peintre voyageur de marine et d’histoire, Lucien Simon et Eugène-Louis Gillot s’impliquent dans la communauté des peintres de la mer. Pendant le conflit mondial, la Marine missionne les artistes dans les ports et l’armée navale. De Charles Lapicque, engagé dans l’étude des couleurs, à Arnaud d'Hauterives et Michel Bez qui pratiquent un réalisme utopique, les pratiques se diversifient chez les artistes pour lesquels le décret de 1981 officialise le titre de « Peintre des armées, spécialité Marine ».

Au fil des salles, l’on suit l’évolution du monde maritime à travers 150 tableaux d’un genre pictural considéré comme mineur et pourtant si politique ! 

Informations pratiques

Affiche de l’exposition Combat de Gondelour, 20 juin 1783, Auguste Louis de Rossel, 1791 - © Musée national de la Marine/A. Fux - © Conception graphique : Studio Camille Guitton
Musée National de la marine, Palais de Chaillot, 17, Place du Trocadéro, et du 11 Novembre 75016 Paris. 
musee-marine.fr  
Billetterie en ligne: billetterie.musee-marine.fr

Tarifs 
Tarif plein: 15€/ tarif réduit*: 12€
Voir conditions et gratuités sur le site du musée.
Horaires d’ouverture : Ouvert tous les jours de 11h à 19h, sauf le mardi. Nocturne jusqu’à 22h le premier jeudi du mois.

- Catalogue de l’exposition : «  La Marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir »; direction d’ouvrage : Bertrand de Sainte-Marie.  Coédition Musée national de la Marine/ Éditions Sans égal. 216 pages, 140 illustrations: 36€. editions-sansegal.com

- Commissariat de l’exposition: Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine. Inès d’Arche de Pessan, assistante de conservation, chargée de recherche et d'étude d'exposition au musée national de la Marine.

- Comité scientifique : sous la présidence de Thierry Gausseron et Marion Veyssière, directeur et directrice adjointe du musée national de la Marine

 
Mardi 12 Mai 2026
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