Sélection pour la Coupe du Monde de la Pâtisserie à La Nouvelle-Orléans

Le savoir-faire français célébré au cœur des Amériques


Pierre Dumas

La ville américaine, héritière d’une forte tradition française et créole, a accueilli la sélection Amériques de la Coupe du Monde de la Pâtisserie. États-Unis, Mexique, Paraguay et Argentine ont décroché leur billet pour la grande finale de Lyon 2027, dans un concours né en France et devenu l’une des vitrines mondiales majeures des métiers du sucré.



© Pierre Dumas
La Nouvelle-Orléans a accueilli, le 25 juillet 2026, la sélection Amériques de la Coupe du Monde de la Pâtisserie, dans un décor où le lien avec la France prend une résonance particulière. Fondée en 1718 par les Français et marquée jusqu’à aujourd’hui par son héritage créole, sa cuisine, son architecture et son Vieux Carré, la ville louisianaise offrait un cadre symbolique à cette étape continentale d’un concours né à Lyon en 1989. 

À l’issue d’une journée d’épreuves exigeantes, les États-Unis ont remporté la première place, devant le Mexique et le Paraguay. L’Argentine, quatrième, a également obtenu sa qualification. Ces quatre équipes représenteront les Amériques lors de la grande finale mondiale, prévue les 22 et 23 janvier 2027 à Eurexpo Lyon, dans le cadre de Sirha Lyon, rendez-vous international de référence pour les professionnels de la restauration, de la pâtisserie et du food service. 

​Un concours français devenu référence mondiale

Créée en 1989 à Lyon, la Coupe du Monde de la Pâtisserie s’est imposée comme l’une des compétitions les plus prestigieuses de la profession. Son principe reflète l’organisation même des grands métiers du sucré : chaque pays présente une équipe composée de trois spécialistes, généralement autour du chocolat, du sucre et de la glace. Le concours met en valeur la précision technique, l’équilibre des goûts, l’élégance du geste, la créativité artistique et, de plus en plus, l’engagement responsable. 

Pour un public français, l’événement a une portée particulière. Il rappelle la place centrale occupée par la pâtisserie française dans l’imaginaire gastronomique mondial. La finale se tient tous les deux ans à Lyon, ville associée à Paul Bocuse, au Sirha et à une tradition de concours professionnels qui ont largement contribué à structurer la haute gastronomie contemporaine. La France demeure la nation la plus titrée de l’histoire de la Coupe du Monde de la Pâtisserie, avec huit victoires, même si le Japon, vainqueur en 2023 et 2025, s’impose comme la grande puissance actuelle de la discipline. 

Les Chefs Osvaldo Gross, Président d'honneur et Pierre Hermé, Président de la Sélection pour la Coupe du Monde de la Pâtisserie à La Nouvelle-Orléans - © Pierre Dumas

​Pierre Hermé, figure tutélaire du concours

La présence de Pierre Hermé, président de la Coupe du Monde de la Pâtisserie, a donné à cette sélection américaine une dimension supplémentaire. Héritier d’une tradition pâtissière française qu’il a contribué à renouveler, formé notamment auprès de Gaston Lenôtre, Pierre Hermé incarne aujourd’hui l’un des visages les plus reconnus de la pâtisserie contemporaine. L’organisation rappelle d’ailleurs qu’il préside le concours dans une période où la pâtisserie mondiale doit conjuguer excellence, créativité et responsabilité dans le choix des matières premières. 

À La Nouvelle-Orléans, son message aux candidats a replacé la compétition au-delà de la seule performance. « Cette compétition est plus qu’un concours. C’est une scène où chaque dessert, chaque création, raconte une histoire », a-t-il déclaré, invitant les équipes à puiser dans leurs racines, leurs familles et les cultures de leurs pays. Cette approche parle particulièrement au public français, habitué à voir dans la pâtisserie non seulement un produit de dégustation, mais aussi un langage esthétique, technique et culturel.

Autour de ce concours gravitent aussi de grandes figures françaises ou formées dans l’univers français de la pâtisserie internationale. On pense à Pierre Marcolini, lauréat en 1995, ou à Christophe Michalak, vainqueur en 2005, dont les parcours ont contribué à installer la Coupe du Monde de la Pâtisserie comme tremplin professionnel majeur. Dans l’écosystème franco-américain du sucré, le nom de Dominique Ansel, chef pâtissier français installé à New York et mondialement connu pour le cronut, illustre également la circulation de ce savoir-faire français vers les États-Unis, même s’il ne figure pas parmi les jurés officiellement listés pour cette sélection Amériques 2026 dans les informations consultées.

© Pierre Dumas

La Nouvelle-Orléans, une scène naturellement française et américaine

Le choix de La Nouvelle-Orléans n’a rien d’anodin. La ville est l’un des grands carrefours culinaires des États-Unis. Sa cuisine mêle influences françaises, espagnoles, africaines, caribéennes, cajuns et créoles. Les beignets, les pralines de noix de pécan, le King Cake, le gumbo, la jambalaya ou l’étouffée témoignent d’un patrimoine culinaire où la France reste présente, non comme décor historique, mais comme composante vivante d’une identité locale. 

L’événement s’est tenu à l’Ernest N. Morial Convention Center, dans le cadre du Louisiana Restaurant Association Showcase, qui réunit professionnels de la restauration, chefs, hôteliers, fournisseurs et exposants. L’édition 2026 s’inscrivait dans un environnement professionnel de grande ampleur, avec environ 150 exposants et plus de 6.000 visiteurs attendus. 

Pour Sirha Food, cette implantation américaine permet de mettre en dialogue les cultures pâtissières du continent avec une compétition dont le centre de gravité reste lyonnais et français. C’est précisément ce croisement qui donne son intérêt à la sélection Amériques : les équipes y défendent leur identité nationale, mais dans un cadre technique largement nourri par l’école française de la pâtisserie de concours.

​Des partenaires au cœur de l’écosystème Sirha

La compétition s’appuie sur un réseau de partenaires bien connus des professionnels. Valrhona occupe une place particulière : la maison drômoise est présentée par Sirha Food comme partenaire principal fondateur de la Coupe du Monde de la Pâtisserie depuis 1989. Le groupe SEB, avec ses marques All-Clad et Lagostina, a également rejoint l’écosystème Sirha Food comme partenaire global pour le cycle 2023-2025, tandis que BE WTR a été associé aux événements Sirha dans une logique de durabilité. 

Dans le dispositif visible à La Nouvelle-Orléans figuraient également des marques familières de la scène pâtissière professionnelle, notamment Les vergers Boiron, Délifrance, Elle & Vire Professionnel, Sosa Ingredients et Valrhona, très présentes dans l’univers des concours, des laboratoires de pâtisserie et de la restauration haut de gamme.

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​Des épreuves où le goût reste central

La sélection Amériques a demandé aux candidats de conjuguer production de dégustation et pièces artistiques. Les équipes devaient présenter des tartelettes individuelles à la noix de pécan réinterprétées, des desserts glacés dressés à la minute et des créations chocolatées dans un esprit street food ou finger food. Ces épreuves imposaient un équilibre difficile : produire des pièces spectaculaires, mais sans perdre de vue l’essentiel, c’est-à-dire le goût.

Cette exigence a été rappelée par la coach de l’équipe mexicaine, qui a insisté sur la dégustation comme élément central de la notation. Dans un concours souvent impressionnant par ses sculptures en sucre, chocolat et glace, cette remarque rappelle une évidence fondamentale pour la tradition pâtissière française : la virtuosité n’a de sens que si elle sert la précision gustative, la texture et l’émotion en bouche.

​Sucre, chocolat et glace : la galerie éphémère du concours

Les pièces artistiques ont constitué l’un des grands moments visuels de la journée. Chaque équipe a dû créer une sculpture en sucre, une composition en chocolat et une sculpture de glace, réunies dans un buffet de présentation d’un mètre sur un mètre. Les pièces en sucre et en chocolat pouvaient atteindre 1,45 mètre de hauteur, selon le règlement de la sélection Amériques. 

Montées sous pression, devant le public, ces œuvres ont transformé la zone de compétition en galerie éphémère. Elles ont aussi rappelé l’une des spécificités de la Coupe du Monde de la Pâtisserie : faire dialoguer l’artisanat, l’architecture, la sculpture, le goût et le travail d’équipe.

© Pierre Dumas

​Les États-Unis champions à domicile

L’équipe des États-Unis a remporté le titre continental avec une proposition associant précision technique, créativité et maîtrise des différentes spécialités. Elle était composée de François Behuet pour le chocolat, Jordan Snider pour le sucre et Nicholas Forte pour les préparations glacées. Cette victoire à domicile assure aux États-Unis une arrivée à Lyon en position de champion des Amériques.

Le Mexique, deuxième, a confirmé la force de sa jeune scène pâtissière. Son équipe réunissait Roxana Flores au chocolat, Omar Robles au sucre et Carlos Rocha Gómez à la glace. Le Paraguay, troisième, a poursuivi sa progression continentale avec Chiara Pederzani, Johanna Borgognon et Tomás Emanuel Arrúa. L’Argentine, quatrième, a obtenu le dernier billet qualificatif avec l’Équipe Pampa, composée de Gonzalo “Gonzo” Jiménez, Agustín Bazán et Emiliana Amandio.

​L’Argentine et la “garra” du chocolat

L’équipe argentine arrivait à La Nouvelle-Orléans avec le défi de défendre son titre continental obtenu en 2024. Gonzalo “Gonzo” Jiménez, installé depuis 18 ans aux États-Unis, a raconté avoir voyagé environ une fois par mois à Buenos Aires pour s’entraîner avec ses coéquipiers. Sa lecture du travail argentin reposait sur la créativité, la capacité d’adaptation et « l’amour du chocolat ».

Dans une compétition dominée par des standards techniques très élevés, cette dimension identitaire joue un rôle essentiel. La Coupe du Monde de la Pâtisserie n’est pas seulement une confrontation de gestes, mais une manière pour chaque pays de traduire son territoire, ses produits et sa mémoire gustative dans un langage professionnel international.
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​Un jury entre rigueur technique et culture pâtissière

Osvaldo Gross - © Pierre Dumas

La sélection Amériques 2026 a réuni plusieurs jurys spécialisés : Mariano Zichert pour l’évaluation du travail des équipes, Luis Robledo Richard pour l’artistique, Beth Biundo pour la dégustation et Johanna Le Pape pour la responsabilité sociétale. Osvaldo Gross, président honoraire de la sélection Amériques, a apporté une autre lecture, particulièrement importante pour le continent latino-américain. 


Figure majeure de la pâtisserie argentine, Gross a rappelé que la simple présence à ce niveau constitue déjà un accomplissement. Il a également souligné les difficultés spécifiques d’une compétition organisée dans un environnement différent : chaleur, humidité, adaptation aux fours, puissance électrique, matériel, chronométrage et coordination d’équipe.

​De La Nouvelle-Orléans à Lyon

Les équipes qualifiées retrouveront en janvier 2027 les représentants des autres sélections continentales. La finale mondiale se tiendra à Eurexpo Lyon, pendant Sirha Lyon, qui se déroulera du 21 au 25 janvier 2027. 
Pour les équipes américaines, cette nouvelle étape signifie plusieurs mois d’entraînement, d’ajustements techniques et de recherche d’identité. Pour le public français, elle offrira aussi l’occasion de voir comment les pays des Amériques interprètent un concours né en France, structuré par des codes français, mais désormais pleinement mondialisé.

La Nouvelle-Orléans a refermé cette sélection continentale dans une atmosphère de fête, entre drapeaux, applaudissements et solidarité entre délégations. La ville a rappelé qu’elle partage avec la France une histoire, une langue patrimoniale, une culture de la table et une manière de faire de la gastronomie un spectacle vivant. À Lyon, en 2027, cette conversation entre les continents se poursuivra sur la scène où la Coupe du Monde de la Pâtisserie est née.
© Pierre Dumas

​Les sept équipes de la Coupe du Monde de la Pâtisserie Amériques 2026

La compétition a réuni sept délégations, chacune composée de spécialistes du chocolat, du sucre et des préparations glacées :
États-Unis : François Behuet, chocolat ; Jordan Snider, sucre ; Nicholas Forte, glace.
Mexique : Roxana Flores, chocolat ; Omar Robles, sucre ; Carlos Rocha Gómez, glace.
Paraguay : Chiara Pederzani, chocolat ; Johanna Borgognon, sucre ; Tomás Emanuel Arrúa, glace.
Argentine : Gonzalo Jiménez, chocolat ; Agustín Bazán, sucre ; Emiliana Amandio, glace.
Brésil : Renata Arassiro, chocolat ; Rafael Barros, sucre ; Alessandro Lira, glace.
Équateur : Juan Sarango, chocolat ; José Palma, sucre ; Hugo Maldonado Fuentes, glace.
Pérou : Jhonnatan Caballero Ramírez, chocolat ; Juan Carlos López Guerrero, sucre ; Thaïs Jarufe Barrantes, glace.
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​Quand aura lieu la finale mondiale à Lyon ?

Les États-Unis, le Mexique, le Paraguay et l’Argentine retrouveront des représentants d’Europe, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie-Pacifique lors de la finale mondiale.
La compétition se déroulera le vendredi 22 et le samedi 23 janvier 2027 à Eurexpo Lyon. La remise des prix est prévue lors de la dernière journée du concours, dans le cadre de Sirha Lyon, qui se tiendra du 21 au 25 janvier.
D’ici là, les équipes entameront une nouvelle phase d’entraînement, de tests de recettes, de recherche de soutiens et de coordination logistique. Pour le Mexique, ce sera l’occasion de prolonger l’élan de sa médaille d’argent ; le Paraguay cherchera à confirmer sa progression continentale ; et les États-Unis arriveront en France comme champions des Amériques.
La Nouvelle-Orléans, de son côté, a refermé une nouvelle journée gastronomique internationale en musique, dans la célébration, avec un message partagé par les concurrents et les jurés : dans la haute pâtisserie, la précision compte, les sculptures impressionnent, mais le goût reste le véritable protagoniste.

​Pourquoi cette compétition continentale s’est-elle tenue à La Nouvelle-Orléans ?

La Nouvelle-Orléans est l’une des grandes capitales gastronomiques des États-Unis parce que sa cuisine résume, comme peu d’autres, le mélange culturel qui définit la ville. Dans ses plats coexistent des influences françaises, espagnoles, africaines, caribéennes et créoles, visibles dans des classiques comme le gumbo, la jambalaya, l’étouffée, les po’boys, les pralines, les beignets et le King Cake. Cette identité culinaire ne se limite pas aux restaurants : elle traverse les marchés, les bars historiques, les festivals, les hôtels, les écoles de cuisine et les célébrations populaires. C’est pourquoi l’organisation de la sélection Amériques de la Coupe du Monde de la Pâtisserie à La Nouvelle-Orléans renforce un lien naturel : la ville ne se contente pas d’accueillir des événements gastronomiques, elle les intègre à une tradition locale où la nourriture est au cœur de l’expérience touristique, culturelle et festive.

 
Mercredi 29 Juillet 2026
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