Vendée Globe : Retour de Beyou et cap sur l'Alizé pour Le Cam



Jérémie Beyou est arrivé en début d’après-midi sur les pontons de Port-Olona aux Sablesd’Olonne, ému et les traits tirés par la déception, il assure qu’il repartira si Charal peut être réparé . Dans le même temps, la tête de flotte, toujours menée par Jean Le Cam, file à vive allure vers l’Alizé. Les « foilers » pourront bientôt exprimer tout le potentiel de leur IMOCA. « Ils vont faire parler la poudre » s’amuse Kevin Escoffier. Les retardataires, eux, sont toujours encalminés à cause du manque de vent. Retour sur les nombreux destins croisés de la journée.



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Production © Saem Vendée / Nefertiti Prod

​Jérémie Beyou, le retour

© Saem Vendée / Nefertiti Prod
Il a remonté le chenal par un beau samedi ensoleillé, du monde était là pour l’acclamer mais il voulait être « partout, sauf ici ». « Je pensais qu’en revenant en janvier, le monde aurait un peu changé. Mais une semaine après, rien n’a changé », lâche Jérémie Beyou sur les pontons. Cela fait deux jours qu’il a fait demi-tour, qu’il s’est jeté sur le garde-manger et qu’il communique avec son équipe pour oublier. Mais c’est dur, surtout pour un gaillard qui s’y prépare sans compter depuis quatre ans. Jérémie Beyou est un compétiteur, fan de sport. Il sait que le match pour lequel il est engagé depuis quatre ans, il l’a perdu. « Le coup d’arrêt est brutal », confie-t-il, la voix tremblante. Mais le skipper de Charal ne souhaite pas s’arrêter là. « Si on est capable de repartir, effectivement, on prendra le départ ». L’équipe se donne 24 heures pour faire un ‘check-up’ complet du bateau. D’après le règlement, il peut repartir jusqu’à mercredi à 14 heures 20.

Des "fusées" vers l'Alizé

Après avoir contourné la dépression tropicale Thêta, la tête de flotte bénéficiait encore de 15 à 20 nœuds durant la journée. Leur mission ? Empanner pour assurer la transition entre le vent de Nord à Nord-Ouest et l’Alizé qui souffle d’Est, Nord-Est. Il y a une expression pour ça : adopter une trajectoire en forme d’aile de mouette. Et il n’en fallait pas plus pour que les « foilers » prennent leur envol. Situé le plus à l’Ouest, Charlie Dalin (Apivia) est le premier à empanner quand Thomas Ruyant (LinkedOut) et Kevin Escoffier (PRB) ont fait des bords pour y parvenir. À 150 milles au Sud-Ouest du quatuor, Jean Le Cam (Yes We Cam!) et Alex Thomson (HUGO BOSS) ont empanné en début d’après-midi. Ils bénéficiaient ainsi d’un meilleur point d’empannage et donc d’une route légèrement plus directe. « Après, ça va faire parler la poudre, s’amuse le skipper de PRB. Ça va être un long bord tout droit vers le pot au noir et les ‘foilers’, qui n’ont pas encore eu l’occasion de montrer leur potentiel, vont enfin pouvoir le faire. Ça va envoyer du bois ! » Thomas Ruyant, interviewé en direct dans le Vendée Live, corrobore : « on va pouvoir fermer les angles et commencer à accélérer. » Car pour l’instant, le pot au noir est très peu actif, une aubaine. Mais la vigilance sera de mise explique Sébastien Josse, trois Vendée Globe au compteur : « Ce ne sera pas une croisière avec la force du vent – 20 à 25 nœuds – et les choix de voiles à faire (code 0, petit gennaker) ». Le groupe de tête devrait atteindre l’Alizé dans la nuit.

​Louanges pour le "Roi Jean"

© Saem Vendée / Nefertiti Prod
Devant ces foilers de dernière génération, il y a donc un homme de 61 ans à bord d’un bateau âgé de 12 ans qui a gagné le Vendée Globe en 2008-2009. Jean Le Cam, qui a repris la tête du classement à la mi-journée, bénéficiait toujours de 21,5 milles d’avance sur Alex Thomson. Chez les autres skippers, Le "Roi Jean" forçait l’admiration. « Jean est incroyable. Être là où il est avec ce bateau et à son âge, c’est brillant », s’enthousiasmait Alex Thomson.

Maxime Sorel (V and B – Mayenne), lui aussi à bord d’un bateau à dérive droite, ne dit pas autre chose : « sa trajectoire est très osée. Il fait le moins de manœuvres possibles et il change peu de voiles et ça aussi, c’est très osé ! ». « Forcément, Jean est un peu émoussé par cette décharge d’effort, expliquait Jacques Caraës, le directeur de course. Mais il démontre à quel point l’expérience des mers du Sud est précieuse : il a moins d’appréhension, il connaît plus ses limites et celles de son bateau. » Autre skipper à bord d’un bateau à dérives droites à impressionner : Benjamin Dutreux, 31 ans de moins que Le Cam et 3e du moment pour son premier Vendée Globe.
 
CLASSEMENT SAMEDI 14 novembre à 18:00 (heure française)
1. Jean Le Cam – Yes We Cam! à 22 813.5 milles de l’arrivée
2. Alex Thomson – HUGO BOSS à 14.91 milles du leader
3. Benjamin Dutreux – OMIA – Water Family à 27.44 milles du leader
4. Kevin Escoffier – PRB à 73.66 milles du leader 5. Damien Seguin – Groupe APICIL à 81.55 milles du leader

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La Rédaction

 
Dimanche 15 Novembre 2020
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