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Sur les traces de Voltaire dans l’Ain


Après deux années de restauration, le château de Voltaire a rouvert ses portes au public le 31 mai 2018, en présence du président Emmanuel Macron.


Buste de Voltaire - © H. Gouleret
Buste de Voltaire - © H. Gouleret
​Un emplacement hautement stratégique pour « L’Aubergiste de l’Europe »

Une belle bâtisse sur un promontoire surplombant Genève, telle était la demeure voulue par Voltaire lors du rachat du petit village de Ferney dans le Pays de Gex en 1758. Situation hautement stratégique car sise à quelques kilomètres seulement de la frontière suisse et de Genève, la patrie de son rival de toujours, Jean-Jacques Rousseau. Une aubaine pour celui qui, à l’époque, était, surtout, en délicatesse avec le pouvoir royal, Louis XV le censurant, puis Louis XVI n’en voulant pas à Paris.

Dès son acquisition, François-Marie Arouet dit Voltaire entreprend aussitôt la reconstruction du château à partir de ses fondations médiévales du XIIème siècle. Il y accole deux ailes lui permettant d’augmenter sa capacité d’accueil et commence, dès 1762, à recevoir des personnalités venues le consulter  ̶ le passage obligé d’une certaine élite affluant de toute l’Europe. Ce qui lui vaudra le surnom d’ « Aubergiste de l’Europe ».

Piano de Voltaire - © H. Gouleret
Piano de Voltaire - © H. Gouleret
Il excellait à recevoir tous ces gens, dans son lit, vêtu d’une simple chemise de nuit et coiffé de son bonnet de nuit…

A Ferney, Voltaire n’est pas seul. Il partage ses goûts pour les lettres avec sa nièce, Marie-Louise Mignot alias Madame Denis, la fille de sa sœur Emilie.

​Ferney, havre de paix et de repos pour l’écrivain prolifique
 

Portrait de Madame Denis - © H. Gouleret
Portrait de Madame Denis - © H. Gouleret
Ayant perdu son époux, prématurément, dès 1744, Voltaire lui assura le côté budgétaire et elle le rejoignit à Ferney. Dans ce « Siècle des Lumières » au cours duquel s’entrechoquent les courants les plus divers, Voltaire fera entendre sa voix et ses idées. Il passera à Ferney les vingt dernières années de sa vie, vingt années prolifiques à plus d’un titre. C’est ici qu’il écrira quelques-uns de ses chefs-d’œuvre, parmi lesquels Candide (1759), le Traité sur la Tolérance (1763), le Dictionnaire philosophique portatif (1764), plusieurs tragédies dont Irène (1777) jouée au Théâtre-Français le 16 mars 1778 et quelque 6 000 lettres.
Sans l’impulsion de Voltaire qui fera passer la population de quelque 150 âmes à 1 000, Ferney redeviendra le village de son origine, consacré aux travaux de la terre, à quelques encâblures du bassin industriel genevois.

Détails du frontispice du château de Ferney - © H. Gouleret
Détails du frontispice du château de Ferney - © H. Gouleret

​Le retour triomphal à Paris

En février 1778, ayant eu l’assurance de sa sécurité à Paris, Voltaire quitte Ferney et gagne la capitale. Il y est accueilli en héros, est porté en triomphe par la foule, à l’Académie française, le 30 mars à la suite de la représentation d’Irène, fait le tour des salons… Il y restera jusqu’à sa mort le 30 mai 1778.
Pour lui éviter le sort réservé aux hommes de théâtre, à savoir la fosse commune, son corps sera discrètement transporté par ses amis en terre de Champagne et inhumé à l’Abbaye de Sellières. Son ami, le Chevalier Charles de Villette qu’il a marié à Ferney, obtiendra son entrée au Panthéon en 1791.

Acquis par l’Etat en 1999 et géré, aujourd’hui, par le Centre des Monuments Nationaux, le château est classé au titre des monuments historiques depuis 1958 et labellisé « Maison des Illustres » depuis 2011.

Hubert Gouleret

Château de Ferney-Volatire

Allée du Château
01210 FERNEY-VOLTAIRE
www.chateau-ferney-voltaire.fr
Plein tarif : 8 € ; gratuité - 26 ans

Dans les environs :

Où manger

Les Cépages
Dans son restaurant gastronomique - authentique bâtisse gessienne de 1830 située tout près de Ferney -, Isabelle, l’épouse du grand chef Jean-Pierre Delesderrier trop tôt disparu, perpétue l’aventure de façon magistrale. L’équipe concocte une goûteuse cuisine de saison, créative à plus d’un titre, soulignée d’une veine bistronomique, dans la lignée de ce que savait prodiguer Jean-Pierre à sa fidèle clientèle. L’accueil est parfait, convivial… Que l’on se sent bien dans cette belle et grande maison !
Menus à 23 €, 27 € et 32 €. Les aventuriers se voient proposer un Menu Liberté à composer eux-mêmes… Carte à partir de 75/80 €.

Restaurant Les Cépages
465, rue Briand-Stresemann
01710 THOIRY
Tél. :  33 (0)4 50 20 83 85 - www.lescepages.com - courriel : contact@lescepages.com
 
Où dormir

La Mainaz
Un Relais du Silence qui porte bien son nom. Niché entre deux parois rocheuses, au creux de la montagne. Cet hôtel de charme 4 étoiles propose des chambres avec vue sur le Mont-Blanc et le Lac Léman. La belle salle du petit déjeuner ouvre ses grandes baies sur le lac. Les petits chaussons à l’effigie de l’écureuil sont un plus bien douillet.
Un restaurant gastronomique complète les prestations.
Chambre double entre 110 € et 150 € selon la saison.
Hôtel**** La Mainaz
D1005 Route du Col de la Faucille
01170 GEX
Tél. : 33 (0)4 50 41 31 10 - www.la-mainaz.com – courriel : info@la-mainaz.com

 
Dimanche 23 Juin 2019
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