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Le Musée Robert Tatin se délocalise à Paris



Situé à Cossé-le-Vivien et pour ses 50 ans, le musée mayennais à ciel ouvert du peintre et sculpteur Robert Tatin expose certaines toiles de l’artiste complétées par des vues de l’œuvre et du champ de sculptures grâce à l’artothèque numérique de la société Artify à l’Espace M de la Tour Montparnasse jusqu’au 3 février 2020.



Les Oiseaux - © Musée Robert Tatin
Les Oiseaux - © Musée Robert Tatin
Les amoureux d’art découvriront un homme aux facettes multiples, à la fois sculpteur, peintre et céramiste. Mais un homme ayant toujours refusé l’appartenance à un quelconque mouvement artistique. Tout en revendiquant sa volonté de créer un art universel. Malgré la tentation par certains de rattacher ses créations à l’art naïf, au surréalisme ou à l’art brut.

« Ce siècle avait deux ans ». Tout commence en 1902 avec la naissance de Robert Tatin dans le modeste quartier d’Avesnières à Laval.
 

Une vocation précoce au service de l’Art

Christiane, huile sur bois, 1919 - © Musée Robert Tatin
Christiane, huile sur bois, 1919 - © Musée Robert Tatin
Après un apprentissage de peintre en bâtiment en terre mayennaise, il gagne la capitale et devient ouvrier peintre-décorateur. Nous sommes en 1918 qui marque la fin de la Grande Guerre et son cortège de souffrances ; images dont le jeune Robert ne sortira pas indemne. Cependant, il reste attiré par le dessin et la peinture, fréquente les académies libres, et s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts et à l’atelier de fresques de l’Ecole des Arts Appliqués.
En 1919, il réalise une huile sur bois nommée Christiane, en hommage à son premier amour, une danseuse du Théâtre du Châtelet.

 

Un retour aux sources riche en enseignement


Son entreprise lui assurant A l’issue de son service militaire effectué à Chartres, Robert Tatin regagne sa Mayenne natale en 1925. C’est pour lui l’occasion de faire le point sur son avenir professionnel en se formant au dessin industriel et à l’art du trait de charpenterie. Il décide de fonder son entreprise en bâtiment dès 1930. Trois ans plus tard, sans avoir fait le Tour de France du compagnonnage, il est adopté par les Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté de Tours.

Entre voyages et Seconde Guerre mondiale

Son entreprise lui assurant prospérité et renommée, Robert Tatin en profite pour voyager. Il parcourra l’Afrique du Nord,l’Europe (Angleterre, Belgique, Espagne, Italie, Suisse) et les Etats-Unis (notamment New York en 1938).
Mobilisé pour la Seconde Guerre mondiale, il est envoyé sur la ligne Maginot. Démobilisé en 1940, il se consacrera à la création artistique, marqué à jamais par les horreurs de la guerre et de l’Occupation.

Le temps de la céramique

Robert Tatin dans son atelier - © © Musée Robert Tatin
Robert Tatin dans son atelier - © © Musée Robert Tatin
Dès 1947, il revient à Paris et installe, rue de la Cerisaie, dans un fond de bougnat,un atelier de céramique et de peinturelui ouvrant les portes du milieu artistique parisien. Il y rencontre André Breton, Jean Cocteau, Alberto Giacometti, Pablo Picasso, Jacques Prévert, Marc Chagall et, surtout, Gaston Chaissac, Robert Malaval etJean Dubuffet, avec qui il se liera d’amitié et établira des échanges épistolaires.Malheureusement, une brouille avec ce dernier viendra entacher leur relation. C’est la période où il atteint définitivement une renommée internationale. Il se passionne pour la céramique et crée, au cœur de son échoppe de bougnat, plusieurs œuvres majeures entre artisanat et art.
 

Broche La Sirène, terre cuite émaillée, or et fer - ©  Musée Robert Tatin
Broche La Sirène, terre cuite émaillée, or et fer - © Musée Robert Tatin
Ainsi, en 1948, verra le jour la Broche Sirène en terre cuite émaillée, révélant le « mythe de la femme fantasminée, omniprésente et inaccessible ». Un thème de la sirène, récurrent dans ses prochaines créations.
L’année suivante, Les Choux, terre cuite colorée, symbolisera les gens de la rue, des quartiers populaireslà où il aime flâner à la recherche de personnages pittoresques. Partageant ainsi l’idée de Jean Dubuffet, son ami du moment, « l’art doit être accessible à chacun et en chaque être humain sommeille un artiste ».
 

Quand une échappée sud-américaine se révèle riche d’enseignements

Titillé par des envies de voyages, il se rend au Brésil en 1950. Il y développe son activité de peintre, sculpteur et céramiste avec l’aide de Francisco Matarazzo Sobrinho. Tout en approfondissant ses connaissances dans cette dernière discipline, concrétisées, en 1951, par un premier prix à la première Biennale de São Paulo.C’est, ensuite, une succession d’expositions. Il part pour l’Argentine, expose à Buenos Aires, et s’impose comme une des figures incontournables de la renaissance de la céramique du milieu du XXème siècle.
 

Francisco Matarazzo Sobrinho

L’homme d’affaires et industriel italo-brésilien né en 1898 et mort en 1977, grand amateur d’art, jouera un rôle important dans l’évolution artistique de Robert Tatin. Fondateur, en 1946, du Musée d’Art de São Paulo et, en 1951, de la Biennale de São  Paulo, il devint élu du Parti social progressiste et fut maire, de 1964 à 1969, de la cité balnéaire d’Ubatuba, à l’Est de São Paulo.

Retour en France de l’artiste prodigue

Robert Tatin regagne la France en 1955 et se partage entre Laval, Paris et Vence pour ses créations. Exposées principalement à Nice – dans la Galerie Alexandre – et à Paris dans la Galerie del’Université appartenant à son mécène, Robert Steindecker.Dans cette même capitale, en 1961, il se voit attribuer le Prix de la Critique.

Retour du Mayennais dans ses terres

Robert Tatin devant le Dragon -  © Musée Robert Tatin
Robert Tatin devant le Dragon - © Musée Robert Tatin
L’année suivante, en 1962, Robert Tatin rentre définitivement en Mayenne, achète une petite maison délabrée à Cossé-le-Vivien et, avec l’aide de sa cinquième et dernière épouse Elisabeth dite Lise, entreprend la rénovation de l’édifice, la future Maison des Champs. Selon une conception associant le milieu naturel environnant et toutes ses expériences vécues dans ses périples et au hasard des rencontres. Une étonnante et imposante œuvre d’art qui donnera naissance à l’Etrange Musée Robert Tatinet sera qualifiée d’archisculpture.

La Maison des Champs à son achat en 1962 - © Musée Robert Tatin
La Maison des Champs à son achat en 1962 - © Musée Robert Tatin

L’artiste infatigable n’aura de cesse, jusqu’à sa mort en 1983, avec l’aide d’âmes charitables et laborieuses, d’agrandir le musée de sculptures imposantes.


Robert Tatin refusera toujours de s’associer à tout mouvement artistique existant, revendiquant par là sa volonté de créer un art universel.

Hubert Gouleret

 

Espace M de la Mayenne
 
Tour Montparnasse (13ème étage)
Ouvert de 9h à 18h du lundi au vendredi
www.marque-mayenne.fr/espace-m
 
Musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (53)
www.musee-robert-tatin.fr
 
Artify
www.facebook.com/artify.france


 
Jeudi 9 Janvier 2020
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