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République Dominicaine : les sœurs Mirabal honorées à Paris



A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, l’ambassadeur de la République Dominicaine en France, Madame Rosa Hernández de Grullón inaugure une plaque commémorative à Paris, en hommage aux sœurs Mirabal, célèbres résistantes dominicaines assassinées en 1960.



La mémoire des sœurs Mirabal, ces trois femmes dominicaines va être gravée dans les rues de Paris. Premier mémorial érigé en France, 6 place de la République Dominicaine dans le 17e arrondissement de la capitale, cette plaque aspire à devenir un haut lieu de commémoration des droits des femmes.

Maria - Minerva - Patria Mirabal - © DR
Maria - Minerva - Patria Mirabal - © DR
Commandité par le dictateur Trujillo qui dirigea le pays d’une main de fer de 1930 à 1961, l'assassinat le 25 novembre 1960 de ces militantes politiques a en effet conduit l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies à proclamer, le 17 février 2000, la journée du 25 novembre comme la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. L'organisation a ainsi reconnu « le symbole de résistance et de lutte » que représentent les sœurs Mirabal. Rosa Hernández de Grullón, ambassadeur de la République Dominicaine en France est à l'initiative de la pose d'une plaque commémorative à Paris afin de « rendre un hommage mérité à ces trois militantes révolutionnaires et activistes politiques, qui sont mortes en luttant pour un droit inaliénable, le droit à l'égalité ». Pour elle, cette initiative constitue un symbole mémorable entre la France, berceau des droits de l'homme, et la République Dominicaine, au service d'une noble cause, qui est la défense et la promotion des droits des femmes dans le monde.


L'histoire des sœurs Mirabal

Patria et Minerva - © DR
Patria et Minerva - © DR
Nées respectivement en 1924, 1927 et 1935 dans la région de Cibao, en République Dominicaine, Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal appartiennent à la bonne société dominicaine. De ce fait, elles ont fait des études supérieures et obtenu un diplôme universitaire. Participant activement aux actions politiques menées contre le régime en place, elles sont bientôt persécutées par le régime du général Rafael Leonidas Trujillo. Incarcérées à plusieurs reprises elles deviennent rapidement des symboles de résistance à la dictature du régime. Encouragées par la chute de plusieurs dictatures d’Amérique du Sud, comme à Cuba ou le régime du tyran Baptista fut renversé par Fidel Castro et le Che Guevara, les sœurs Mirabal continuent de mener leurs combats. Surnommées « las mariposas » (les papillons), elles adoptent ce nom de code au sein du mouvement d'opposition « Movimiento 14 de junio ». En novembre 1960, le dictateur déclare que ses deux ennemis sont l'Église et les sœurs Mirabal. Le 25 novembre, les sœurs Mirabal sont brutalement assassinées sur ses ordres, alors qu'elles allaient à la prison pour rendre visite à leurs maris détenus.


​Résistance d’un peuple et des femmes

Maria - © DR
Maria - © DR
Ces meurtres causèrent un choc énorme dans la population et furent l'un des facteurs qui déclenchèrent un large mouvement anti-Trujillo. Moins d’un an après les faits, le 30 mai 1961, des tueurs guidés par la CIA et soutenus par les Etats-Unis qui avaient entre temps tourné casaque, éliminèrent Trujillo sur le Malecon de Saint-Domingue, après une spectaculaire poursuite en voiture. Les sœurs Mirabal,  symbolisent aussi bien la résistance d'un peuple que la résistance des femmes. Le 17 février 2000, par sa résolution 54/134, l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités conçues pour sensibiliser l'opinion au problème.


Exposition aux sœurs Mirabal

© DR
© DR
Le 8 mars, l’inauguration en France de cette plaque commémorative a lieu en présence de nombreuses personnalités, dont la maire de Paris, Anne Hidalgo, Jean de Mons, chef du département de l'histoire, de la mémoire et des musées associatifs de la mairie de Paris, Julie Gayet, ambassadrice de la Fondation des Femmes, Fanny Benedetti, directrice exécutive d'ONU Femmes ou encore Minou Tavárez Mirabal, fille de Minerva Mirabal et Manolo Tavarez. Depuis 2007, un billet de 200 pesos dominicain porte l'effigie des trois sœurs martyres tandis qu’un musée en leur mémoire a été créé dans leur village natal à Ojo de Agua sur la commune de Salcedo. Sur un mur du Museo Memorial de la Resistencia Dominicana de Saint-Domingue, où une exposition leur est consacrée, une phrase de Minerva résonne encore comme une lourde sentence prémonitoire : "S’ils me tuent, je sortirai les bras de la tombe et je serai plus forte."

​Pour en savoir plus :

© David Raynal
© David Raynal
Maison des sœurs Mirabal à Salcedo : http://casamuseohermanasmirabal.com
Musée de la Résistance dominicaine : http://www.museodelaresistencia.com

Découvrez les vidéos :
Histoire des sœurs Mirabal et 25 novembre comme la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes.
https://www.facebook.com/watch/?v=1810551405651394
https://www.facebook.com/acuerpadas/videos/378297406926564/

Pour commencer à planifier votre voyage en République Dominicaine, consultez le site officiel du Ministère du Tourisme de la République Dominicaine à l'adresse suivante : www.GoDominicanRepublic.com/fr .

 
Vendredi 5 Mars 2021
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