Class Tourisme : Magazine de voyages et d'Art de vivre
Version imprimable

Uzès, un duché millénaire entre Cévennes et Provence



Au départ de la cité médiévale d’Uzès, le voyageur peut partir vers les Cévennes, sur les pas de Robert-Louis Stevenson, parcourir la Drôme provençale tout en humant ses multiples fragrances ou encore se rendre au bord de la Méditerranée. Reste une option, et pas des moindres, visiter les vestiges de l’aqueduc initial, point de départ des sources permettant aux Romains l’acheminement de l’eau à Nîmes via le Pont du Gard.



Vue d'Uzès et ses trois tours - © Destination Pays d'Uzès Pont du Gard/Aurelio Rodriguez
Vue d'Uzès et ses trois tours - © Destination Pays d'Uzès Pont du Gard/Aurelio Rodriguez
Magnifique cité médiévale, établie sur un castrum (camp fortifié) romaindès le XIème siècle, l’ancienne Ucetia gallo-romaine est, aujourd’hui, un endroit où il fait bon vivre au milieu des vieilles pierres. Classée Ville d’Art et d’Histoire en 2008, partout où se posent les yeux au centre-ville, les belles façades racontent le passé glorieux du duché.Du haut des trois tours du château, quelque 1 000 ans d’Histoire vous contemplent…

Le Duché d’Uzès, le plus ancien de France

Cour intérieure du Château d'Uzès - © Hubert Gouleret
Cour intérieure du Château d'Uzès - © Hubert Gouleret
C’est au IVème siècle que naît l’évêché d’Uzès. Les deux siècles suivants virent l’installation et le renforcement de la religion catholique et, au VIème siècle, la ville comptait déjà cinq églises. Puis vinrent les grandes invasions, période de temps obscurs et de grandes incertitudes. C’est vraiment sous Charlemagne, avec l’avènement des Carolingiens, que se met en place l’organisation seigneuriale de la cité. Au XIIème siècle, le domaine est partagé en trois coseigneuries, à l’origine de la construction de trois tours. Dès 1170, le seigneur Bermond Ier fait bâtir la Tour Bermonde servant à l’origine de donjon, et appelée aujourd’hui, Tour du Duché. La Tour de l’Evêque symbolise le pouvoir religieux et la Tour du Roi, le pouvoir royal. En 1346, la seigneurie d’Uzès devient vicomté. A la fin du XVème siècle, Simone, dernière héritière, épouse Jacque Loys de Crussol. L’union des deux familles sera le ciment de l’illustre destinée qui les verra occuper de prestigieuses fonctions confiées par le pouvoir royal. A ce moment, commence la véritable lignée perpétuée, aujourd’hui, par Jacques de Crussol, 17ème duc d’Uzès et Alessandra Passerin d’Entrèves e Courmayeur, duchesse d’Uzès, son épouse.
Dans la cour intérieure, apposées à la façade, les armoiries de la Maison de Crussol portent la devise : FERRO NON AURO, signifiant "Tout par le fer et rien par l’or".

Amoiries de la Maison de Crussol et portrait de la Duchesse Anne de Rochechouart de Mortemart - © Hubert Gouleret
Amoiries de la Maison de Crussol et portrait de la Duchesse Anne de Rochechouart de Mortemart - © Hubert Gouleret
La visite des appartements et la galerie de portraits racontent les personnages de la famille. Parmi lesquels l’emblématique Anne de Rochechouart de Mortemart dont le mariage avec Emmanuel de Crussol d’Uzès en 1867 en fit la duchesse d’Uzès. Cette charmante personneest la première femme à se voir décerner… une contravention après avoir obtenu, toujours en qualité de première femme, son permis de conduire en 1898. En effet, féministe dans l’âme, elle éprouve, de surcroît, une attirance particulière pour l’automobile naissante. Un jour que son véhicule roulait à la vitesse « supersonique » de 15 km/h, elle fut verbalisée dans une zone à 12 km/h. Elle œuvrera jusqu’à la fin de sa vie pour l’émancipation et les droits de la Femme.
 
Aujourd’hui, le Duché d’Uzès se cantonne au château ducal. Sa visite s’impose pour mieux comprendre cette Histoire millénaire. D’autant que la visite de la cave du château dans laquelle trônent diverses bouteilles de champagne aux volumes différents révèle la parenté d’Anne de Rochechouart de Mortemart (elle était sa petite-fille) avec une certaine Veuve Clicquot, inventrice du champagne éponyme.

Musée du Château d’Uzès 11, rue Jacques d’Uzès. Tél : 04 66 22 18 96.

​Le Jardin médiéval et ses deux tours

© Jardin Médiéval d'Uzès
© Jardin Médiéval d'Uzès
Construites peu après la tour du Duché, les deux autres tours, dites du Roi et de l’Evêque, marquent l’importance des autres pouvoirs, royal et religieux, à caractère carcéral. Les graffiti sur les murs en témoignent.
 
Quant à lui, le jardin médiéval est une succession de petits espaces concentrant quelque 450 espèces de plantes utilisées principalement dès le Moyen Âge. L’on y trouve des essences alimentaires, médicinales, tinctoriales, textiles, voire toxiques. Un réservoir d’idées pour les jardiniers en herbe. Et si vous êtes sage et attentif aux explications du guide, une tisane fraîche vous sera offerte.

Jardin médiéval Impasse Port-Royal Tél. : 04 66 22 38 21 Site Internet : https://jardinmedievaluzes.com

​Le marché de la place aux Herbes

Ce n’est pas anodin si le surnom d’Uzès est Manjo-méletto (mange-omelette). Car la région d’Uzès a toujours été un pays de bonne chère. En 1661, Jean Racine tombe gravement malade. Il est envoyé à Uzès, auprès de son oncle, pour se requinquer. En la quittant l’année suivante, le poète, originaire de La Ferté Milon dans l’Aisne, s’épanche sur la ville : « Adieu ville d'Uzès de bonne chère, où vivraient cent traiteurs, où mourrait un libraire. »
Visiteurs et locaux ne s’y trompent pas. Ces derniers étant les dignes successeurs des créateurs du premier marché ouvert en l’An de Grâce 1241, en cette même Place aux Herbes la bien nommée.

Vous décrire par les mots l’atmosphère des deux marchés hebdomadaires serait un exercice de haut vol, hasardeux, voire présomptueux. Il faut les vivre, ces deux marchés, pour ressentir les diverses senteurs des produits des terroirs cévenol et provençal, au milieu des échanges verbaux fleuris et chantants circulant entre les étals. Jugez-en plutôt ! Alors que celui du mercredi, fort de ses 60 exposants, affiche une semi-tranquillité de rigueur, celui du samedi, nanti de quelque 200 marchands et producteurs locaux rivalisant de qualité et d’authenticité, déploie la pleine agitation des marchés méridionaux. A savoir, longues envolées lyriques et autres…C’est le royaume des olives de Provence, notamment de la savoureuse picholine(variété emblématique du Gard), de la truffe noire en saison, du miel, des fromages de chèvres aux herbes de Provence, des vins du Duché d’Uzès (AOC)…
Tout Uzès s’y presse et il n’est pas rare de croiser dans les ruelles du centre-ville le couple ducal venu faire quelque emplette au milieu des Uzétiens habitués et des touristes agréablement surpris.

​Les sources de l’Aqueduc du Pont du Gard

Situées à la   Fontaine d’Eure, à quelques kilomètres au nord-est d’Uzès, sur la rive gauche de la rivière Alzon, affluent du Gardon, ces sources alimentèrent l’aqueduc et fournirent de l’eau potable à Nîmes - la Nemausus romaine - du Ier siècle après J.-C. aux environs, semble-t-il, du VIème siècle. L’accès aux vestiges de l’aqueduc se fait par la traversée d’une charmante et tranquille petite prairie – lieu de détente et de pique-nique de la population uzétienne– desservie par un parking. L’on y voit l’architecture de l’œuvre et sa composition. Quelque cinquante kilomètres séparent cet endroit du Castellum Divisorium situé au cœur de Nîmes, duquel dix sorties desservaient la ville.

​Les Tunnels de Sernhac

Entre Uzès et Nîmes, autres vestiges de l’aqueduc et non des moindres, les deux hauts tunnels de Sernhac, nichés en pleine garrigue dans le Vallon d’Escaunes à Cantarelles, longs de 74 mètres (Tunnel de Perrotte) et 60 mètres (Tunnel de Cantarelles), montrent la grandeur de l’édifice. Le creusement de cheminées permettant leur accès par le haut est remarquable. Leur approche au milieu de cette végétation est une autre belle découverte.
Au-delà de la visite de ces deux tunnels, l’Association Le Vallon d’Escaunes à Cantarelles, présidée par M. Roland Jonquet (Tél. 06 73 01 66 59), assure le bon état des tunnels, la mise en valeur du vallon et a aménagé trois parcours de balades.
Cette mise en valeur du site a permis la réalisation de plusieurs terrasses plantées d’oliviers. Ces terrasses peuvent être adoptées, les adoptants ayant en charge leur entretien. Ensuite, ils en assurent la récolte et l’apportent au moulin pour en obtenir leur propre huile d’olive.
Pour accéder au parking d’accès : dans la rue principale du village de Sernhac, au niveau de l’arche sous la voie ferrée, suivre la signalétique « Aqueduc romain » ou « Vallon d’Escaunes à Cantarelles ».

Site Internet : https://vallondesernhac.fr - Situation GPS du parking des Cantarelles : 43.917659,4.554356 

Le Moulin d’Uzès

Dans les environs, les amateurs d’huile d’olive auront à cœur de visiter le Moulin d’Uzès. La famille Richard est à la tête de cette noble institution depuis plus de 140 ans. Au début, en 1885, il y eut Henry, fabricant d’huile d’olive et de savons à Mollans-sur-Ouvèze, au pied du Mont Ventoux. Le brave homme revêt l’habit de colporteur et passe de ferme en ferme accompagné de son âne tirant une charrette. Après moult pérégrinations, notamment le catastrophique gel de 1956 qui marque la disparition momentanée de l’olive de France, puis l’incendie, fin juillet 2006, de l’entreprise familiale à Aouste-sur-Sye, Patrick Richard s’emploie à faire reconstruire la maison mère à Montoison près de Valence. Une nouvelle dynamique enclenchée, c’est le rachat en 2016 du Moulin d’Uzès et, l’année suivante, du Moulin des Pénitents aux Mées dans les Alpes de Haute-Provence. Aujourd’hui, Louis et sa sœur Emma contribuent à l’essor de cette institution primée au Concours général agricole 2024, en obtenant le Prix d’Excellence.

Huilerie Richard   Chemin du Mas de France 30700 UZES. Tél. : 09 86 39 33 59 https://lemoulinduzes.com

Le Domaine de l‘Aqueduc

Planté dans la garrigue gardoise, le Domaine de l’Aqueduc étale ses vignobles et ses cépages sur quelque quarante hectares. Originaire d’une famille de viticulteurs de l’Aude et passionné de viticulture, Jacques Vidal, ancien notaire à Uzès, rachète des vignes à cinq kilomètres de la cité ducale et y implante sa cave actuelle en 2004. Aidé de son fils Thomas, lui aussi mordu de viticulture, il procède à l’élaboration de leurs futurs vins avec les cépages existants (syrah, grenache et viognier pour les principaux), en agriculture biologique.
Aujourd’hui, plus de vingt après, la famille Vidal présente une belle gamme de vins blancs, rosés et rouges. Parmi lesquels l’appellation AOP Duché d’Uzès cuvée la Garrigue de Bornègre en rouge.
Pour les découvreurs d’Uzès et de ses environs, le domaine propose un gîte dans une petite maison (mazet) restaurée par les soins de Jacques. Ce dernier vous fera visiter les vestiges d’une partie de l’aqueduc du Pont du Gard situés derrière la cave.
Amateurs de jazz, des soirées endiablées sont programmées en juillet et août.

Domaine de l’Aqueduc   Chemin de Mas de France 30700 Saint-Maximin Tél. : 04 66 37 41 84 Site Internet : www.domaine-vidal-30.com

Le Logis Hôtel Uzès Pont du Gard, havre de tranquillité

En périphérie de la ville, cet établissement est un excellent endroit pour se reposer à l’abri de l’agitation citadine. Ce complexe hôtelier bien agréable à la belle saison offre une belle piscine extérieure et des chambres claires et fonctionnelles. Le restaurant affiche une aguichante carte à base de produits du terroir local pour une prometteuse découverte de la gastronomie gardoise. La base idéale pour partir à la découverte de la ville, du Pont du Gard et de la région.

Logis Hôtel Uzès Pont du Gard 2bis, rue de l’Emeraude 30700 Uzès. Tél. : 04 66 03 32 22. Site Internet : https://www.logishotels.com/fr/hotel/logis-hotel-uzes-pont-du-gard-427571
Intérieur du Vieux Café - © Hubert Gouleret
Intérieur du Vieux Café - © Hubert Gouleret

Le Vieux Café d’Aniathazze, une belle adresse gustative en centre-ville

Au cœur de la 1ère cité ducale de France, le Vieux Café reconstitue une brasserie de l’après-guerre avec ses foudres et ses multiples objets étalés rappelant cette époque des Trente Glorieuses. L’intérieur, chaleureux, tourne vite à l’ambiance pub au vu du nombre de bières proposées. La carte saisonnière met en avant les producteurs locaux mais la Planche de la Mer est une suggestion fortement conseillée. Les tranches marinées de saumon frais et de thon auxquelles se joignent la brandade de Nîmes et la salade de poulpe sont accompagnées d’un ravier d’algues complétant l’ensemble. Chaque saveur s’apprécie à sa juste valeur. Un régal sous les frondaisons du boulevard Gambetta !

Le Vieux Café 1, boulevard Gambetta 30700 Uzès. Tél. : 04 66 03 36 80.

Une visite en terre d’Uzès représente, non seulement, un formidable retour sur le riche passé de la Grande Histoire de France mais, surtout, permet le constat prometteur d’un pays soucieux de préserver ses différents patrimoines… son identité.
Non loin de là, le petit village pittoresque de Saint-Quentin-la-Poterie est un haut lieu de la céramique et mérite largement le détour.

Office de Tourisme d’Uzès - Pont-du Gard : 16, place Albert-1er– Chapelle des Capucins 30700 Uzès.Tél. : 04 66 22 68 88Site Internet : www.uzes-pontdugard.com

 
Vendredi 19 Juin 2026
Notez

France | Destinations | Hébergement | Art de vivre | Transport | Culture | Croisières | Sports-loisirs | Bons Plans | Bien-être | Mentions légales | Point de vue | Livres