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City break à Troyes, la ville aux mille couleurs



Située à seulement deux heures de Paris, au cœur de l’Aube en Champagne, Troyes est idéale pour s’offrir une escapade dépaysante et étonnante. Riche de son histoire et de son patrimoine exceptionnel mêlant Moyen-Âge, Renaissance et époque industrielle, labellisée Ville d’Art et d’Histoire en 2009, la ville regorge de trésors à chaque coin de rue. Bordée de ses maisons aux façades à pans de bois colorées, Troyes est le lieu rêvé pour un city break pittoresque. Suivez le guide.



Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes  - © Studio OG
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes - © Studio OG

​Une histoire passionnante à travers les décennies

Le nom de la ville de Troyes fait immédiatement penser à la cité de l’lliade : Troie ! Et pourtant aucun lien ne relie la cité antique, située à l’ouest de la Turquie actuelle, à la cité champenoise. Néanmoins, les origines de Troyes sont anciennes. Les premiers à avoir laissé des traces tangibles de leur présence sont les « Tricasses », une tribu gauloise qui accepta l’occupation romaine dans sa capitale, laquelle devint alors Augustobona, probablement en l’honneur d’un empereur romain. À cette époque, la cité bénéficie déjà d’une situation de carrefour, car proche de la Seine et reliée à la voie d’Agrippa allant de Milan à Boulogne-sur-Mer.

Au fil des siècles, le nom de la cité évolue. Au cours du second Moyen Âge, le nom de Troyes se rapproche peu à peu du nom de la cité de l’Iliade.
Ce sont les Foires de Champagne, gérées par les comtes de Champagne qui contribuent au rayonnement économique et financier de Troyes à partir du XIème siècle, attirant bon nombre de marchands venus de toute l’Europe.
© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault

La Renaissance est une période florissante pour Troyes, qui devient la 5e ville du royaume de France grâce au commerce florissant, aux industries textiles, tanneries, papeteries et imprimeries implantées. Les moulins sont reconstruits, les églises agrandies ou rénovées. De plus, la prospérité est remarquable dans le domaine des arts, tant sur le plan architectural qu’artistique grâce aux sculptures et vitraux.

Hélas, le 24 mai 1524, un effroyable incendie détruit le tiers de la ville : 1500 maisons sont incendiées ainsi que les églises. La reconstruction commence avec de nouvelles rues, de nombreuses maisons à pan de bois et des hôtels particuliers en pierre caractérisés par le « damier champenois ».
Au XIXème siècle, grâce à la révolution industrielle, Troyes devient  rapidement la capitale de la bonneterie et de la maille. Les usines se développent sur les terrains inoccupés des faubourgs, principalement au sud-ouest de la ville. Les sheds, cheminées scandent le paysage urbain. L’âge d’or se situe dans les années 1885 à 1910 en raison de l’introduction du métier Cotton qui permet l’augmentation de la productivité et d’atteindre une activité exceptionnelle de renommée internationale. De nombreuses usines textiles s’installent, parmi lesquelles l’usine Gillier ( liée à Lacoste), l’ancienne usine Valton-Quincarlet ( liée à Petit Bateau), et bien d’autres…

Ruelle des Chats  -  © ARTGE - Pierre Defontaine
Ruelle des Chats - © ARTGE - Pierre Defontaine

​Flânerie dans le « bouchon de champagne »

Commencez votre journée de visite par une balade dans les ruelles pavées du Bouchon de Champagne car vu du ciel, le centre historique de Troyes épouse la forme d'un bouchon de Champagne.

Ici, vous serez enchanté par le charme des belles maisons colorées à pans de bois du XVIe siècle, par l’élégance des hôtels particuliers Renaissance, par la majestueuse cathédrale gothique Saint-Pierre-Saint-Paul et ses vitraux classés, l’un des plus beaux ensembles du patrimoine vitré de France,  par ses ruelles médiévales ou encore par ses pittoresques passages secrets. Parmi eux, la ruelle des Chats ainsi baptisée pour son étroitesse qui permettait  aux chats de passer d’un grenier à l’autre, la Cour Doué où une frise sculptée de grappes de raisins et de lézards orne les poutres, mais aussi la Cour du Mortier d'Or

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault
Poursuivez votre exploration du Vieux Troyes en vous rendant à l’église Sainte-Madeleine. Édifiée au 12ème siècle, elle est la plus ancienne église de la ville. Ciselé dans la pierre telle une dentelle, son jubé est un chef-d’œuvre de l’architecture religieuse, tout en finesse et en élégance.  

Nichés dans des cours intérieures, des jardins médiévaux de toute beauté font écho à la riche histoire troyenne. Installés dans les cours de l’Hôtel de Vauluisant, de l’Hôtel Mauroy, de l’Hôtel Juvenal-des-Ursins ou de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, ces jardins véritables conservatoires de plantes médicinales, aromatiques ou condimentaires telles qu’elles étaient en usage autrefois, diffusent de délicates senteurs. 

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault

​L’apothicairerie, l’une des plus belles de France

Sur le site de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, fondé au 12e siècle par le comte de Champagne, Henri Ier le Libéral demeure l'ancienne pharmacie, préservée en l’état depuis son aménagement en 1725. Cette apothicairerie d’hôpital qui figure parmi les plus remarquables de France est l’un des rares témoignages de l’art de la pharmacie d’antan. Elle a servi jusqu’en 1962 !

Les religieuses et apothicaires y entraient pour prendre les ingrédients nécessaires à la fabrication des remèdes qu’ils préparaient dans le laboratoire contigu, pour les malades de l’hôpital. Sur les étagères sont disposées près de 300 pots en faïence rustique -de couleur blanche à décor bleu-, provenant de la faïencerie de Nevers. Les céramiques aux décors colorés, géométriques ou végétaux sont des productions lyonnaises du XVIe siècle.  

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault
L'apothicairerie de Troyes compte également 319 silènes, datant du XVIIIe siècle. Les silènes étant des boîtes de bois peint servant à conserver les "simples", c'est à dire les plantes médicinales. Chacune de ces boîtes rectangulaires porte le nom du produit contenu, accompagné d’une illustration. La plupart de ces illustrations découlent du livre de Pierre Pomet, "Histoire générale des drogues, » publié en 1694-95. De grands mortiers, une grande fontaine en étain ainsi qu’un majestueux vase qui contenait de la Thériaque, remède mythique à base de vipère et d’opium, longtemps considéré comme la « panacée universelle », complètent ce décor exceptionnel. Une visite à ne pas manquer.

La cité du vitrail - Le Labour de Jacques Simon (1929)  -   Le Martyre de Saint Vincent (1140-1144) (DRAC Île de France) - © Catherine Monbreault
La cité du vitrail - Le Labour de Jacques Simon (1929) - Le Martyre de Saint Vincent (1140-1144) (DRAC Île de France) - © Catherine Monbreault

La cité du vitrail ou l’art de la lumière

On ne peut pas se rendre à Troyes sans passer par la Cité du Vitrail, installée sur 3 000 m² dans l’aile ouest de l’Hôtel-Dieu-le-Comte ainsi que dans sa chapelle . Ce lieu fabuleux permet d’admirer l’une des plus importantes collections de vitraux en France qui s’étale sur quelques dix siècles de production !  L’essor de la peinture sur verre coïncide avec une ère de paix et de prospérité pour la ville, alors la cinquième du royaume de France. De riches bourgeois se transforment en mécènes. Les églises se couvrent de vitraux. D’ailleurs, la reconstruction de trois d’entre elles, détruites par le grand incendie de Troyes, favorise le développement de cet art. Les thèmes sont bien sûr d’ordre religieux, mais les corporations tiennent également à figurer dans ces bandes dessinées avant l’heure : drapiers, tanneurs, orfèvres, archers ou arquebusiers. Une galerie d’art lumineuse à nul autre pareil ! 

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault
L’Aube compte pas moins de 9 000 m2 de vitraux, depuis la cathédrale de Troyes jusqu’à la plus petite église de village. Quelque deux cents édifices religieux se partagent cet inestimable trésor. Ce que l’on appelle le «  beau XVI° » troyen et aubois a légué à lui seul 1 042 baies classées monuments historiques. 

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault
Jusqu’au 31 octobre, l’exposition  » Passavant le Meilleur ! La Champagne au temps des Comtes » ressuscite la brillance médiévale d’un territoire autour de 300 oeuvres, dont une réunion de panneaux du XIIème siècle.  
L’histoire de la principauté de Champagne reste méconnue. Mais avec cette exposition,  le territoire champenois se dévoile avec un ensemble inédit de vitraux troyens, réunis pour la toute première fois. L’exposition met en lumière la vie quotidienne de la société champenoise  en milieux urbain et rural, la vitalité des communautés religieuses, chrétiennes et juives, ainsi que le dynamisme économique et la richesse culturelle de La Champagne et de la Navarre des XII° et XIII° siècles. Un voyage qui raconte la puissance et le raffinement d’une époque fascinante, celle des Comtes de Champagne. 

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault

​La Prunelle de Troyes, une liqueur emblématique

© Catherine Monbreault
© Catherine Monbreault
C’est en face de la cathédrale, en plein cœur de Troyes, que le secret de la Prunelle est gardé depuis 1840 ... Une liqueur qui fait la réputation du Cellier-Saint-Pierre, une ancienne maison d’habitation de chanoine construite au XVIIe siècle, avec un souterrain creusé sous la place Saint-Pierre, qui permettait aux chanoines d’aller aux offices de la cathédrale, sans sortir dehors. Il est encore utilisable sur son début, avec un magnifique escalier aux marches de pierres usées, Peu après la révolution, des marchands de vins prirent possession des lieux pour y stocker leurs vins et alcools. En 1840, ils y installent une distillerie qui vivait au rythme des saisons : de septembre à décembre, les fruits étaient récoltés, fermentés puis distillés. 

© François Piccione - @ Bobine Magazine
© François Piccione - @ Bobine Magazine
Au printemps, il y avait peu ou pas d’activité, il restait des noyaux de prunelle dont la coque conservait une amande : le cœur de la Prunelle de Troyes, autrefois appelé : Prunelle de Champagne. 

Ils redistillaient certains alcools, pour les affiner, y faisaient macérer les noyaux broyés puis les distillaient à nouveau. Cet alcoolat (liquide obtenu après la macération puis la distillation) obtenu est marié avec d’autres ingrédients naturels ce qui lui donne sa complexité et son secret de fabrication. Pendant des dizaines d’années, la recette a été retravaillée, modifiée et peaufinée jusqu’à l’obtention de la médaille d’or à l’exposition universelle de Paris en 1900 : date à laquelle la recette de la Prunelle de Champagne est née !

En 1995, après la sortie du parfum Champagne d’Yves Saint Laurent, le comité des vins de champagne a demandé son changement de nom : la Prunelle de champagne est devenue Prunelle de Troyes !

Aujourd’hui, le divin breuvage est toujours distillée au Cellier-Saint-Pierre dans de vieux alambics en cuivre, achetés en 1856, chauffés au feu de bois. Depuis 2003, c’est Alexandre Krumenacher, aidé de Tristan Masson, qui a la tâche de faire perdurer ce patrimoine gastronomique Troyen qu’est la Prunelle de Troyes…

Gastronomie & spécialités de Troyes : Andouillette de Troyes, fromage de Chaource, truffe d’automne, chou à choucroute, cidre du Pays d’Othe sans oublier les vins des coteaux Champenois, le Rosé des Riceys dont raffolait Louis XIV,  les Champagnes - Blanc de blancs, Blanc de noirs, Rosé de saignée ( issu de macération), brut, extra brut…- . Tous les ingrédients pour faire un repas 100% troyen et aubois. 

Informations pratiques
 
Où dormir ? 
 
Brit Hotel Comtes de Champagne, un hôtel de charme 2 étoiles installé dans un bâtiment du XVIème siècle en plein cœur du centre historique de Troyes et à 200 m de la gare de Troyes où les chambres ont tout le charme de l’ancien. L’accueil y est chaleureux, le personnel adorable. 57 rue de la Monnaie, 10000 Troyes. brithotel.fr
 
Où se restaurer ? 
 
Chez Félix : Ici on vous accueille dans une ruelle troyenne emblématique. La cuisine de type bistro est élaborée à partir de produits frais et de saison. 5 ruelle des Chats, 10000 Troyes. Tél : 03 10 94 03 03
Chez Simone : À deux pas du marché des Halles, Simone est une adresse conviviale . Le midi, la carte change chaque semaine. Le soir et le week-end, le restaurant se transforme en bar à vins avec des plats à partager, dans une ambiance chaleureuse. Simone est une table idéale pour un déjeuner ou une soirée entre amis au cœur de Troyes. 1 rue Pithou, 10000 Troyes. Tél : 03 25 43 03 69
 
À découvrir : 
 
Visite guidée « Troyes la Magnifique » . À réserver à l’office de tourisme, 16 rue Aristide Briand, 10000 Troyes . Tél : 03 25 82 62 70. troyeslachampagne.com
 
Cellier Saint-Pierre, 1, place Saint-Pierre, 10000 Troyes. celliersaintpierre.fr
 
Cité du Vitrail, Hôtel-Dieu-le-Comte, 31 quai des Comtes de Champagne 10000 Troyes. cite - vitrail.fr
 
Exposition « PassAvant le Meilleur ! La Champagne au temps des Comtes» : Jusqu’au 31 octobre 2026. passavant.aube.fr
 
Apothicairerie de l’Hôtel-dieu-le-Comte, 31 quai des Comtes de Champagne, 10000 Troyes. musees-troyes.com/apothicairerie/
 
Aube en Champagne Attractivité : aube-champagne.com

 
Samedi 8 Août 2026
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