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MuséoParc Alésia, pour comprendre la célèbre bataille



Situé en Côte d’Or, dans la plaine éponyme, le MuséoParc Alésia a été conçu par Bernard Tschumi selon une symbolique forte. Sa forme circulaire évoquant l’encerclement des Gaulois pendant le siège, l’habillage de l’édifice rappelant les fortifications en bois érigées par les Romains, les colonnes obliques de son atrium reflétant pleinement le chaos de la bataille. La nouvelle scénographie explique le déroulement du siège de l’oppidum – village gaulois fortifié - sur lequel étaient concentrées les troupes du chef gaulois, d’une manière plus ludique, plus interactive et, surtout, plus proche du visiteur.



Le MuséoParc Alésia - © Sébastien Pitoizet
Le MuséoParc Alésia - © Sébastien Pitoizet
Alésia est un nom qui a résonné et résonne toujours dans la tête de nos chérubins. Mais lequel est à même de situer son emplacement sur la carte de la France ? A seulement 250 kilomètres de Paris, trois heures de route par l’A6, le site d’Alésia, sur la commune d’Alise-Sainte-Reine, au sein du beau département bourguignon de Côte d’Or, offre une reconstitution historique basée sur le livre de César La Guerre des Gaules. Autant dire que l’interprétation faite par le futur empereur romain est pour le moins subjective, César ne se privant pas de présenter devant le Sénat romain une vision de la campagne militaire en sa faveur.

​César entreprend la conquête des Gaules

Equipement romain - © Hubert Gouleret
Equipement romain - © Hubert Gouleret
Dès 58 av. J.-C., les armées romaines déferlent sur la Gaule. C’est le début de la Guerre des Gaules. Face à ce péril, une partie des Gaulois ne résiste pas ; les autres prennent les armes. Les principaux chefs tentent de rassembler les peuples gaulois pour combattre l’envahisseur mais des dissentions apparaissent rapidement au sein des différents clans. Entre les partisans d’une entente gallo-romaine et les adeptes d’une résistance farouche. 
 
César, alors proconsul, est aux commandes de ses armées depuis six ans déjà sur le sol gaulois, envoyé par le Sénat romain soucieux de l’éloigner de Rome et diminuer ainsi son influence grandissante. Nous sommes en 52 av. J.-C. Les chefs gaulois les plus irréductibles se sont ligués autour de Vercingétorix, jeune roi arverne. Ses troupes résistent aux armées romaines sur le plateau de Gergovie, au sud de Clermont-Ferrand. C’est une victoire.

Au fond, le théâtre de la bataille avec, au premier plan, reconstitution des fortifications romaines - © Hubert Gouleret
Au fond, le théâtre de la bataille avec, au premier plan, reconstitution des fortifications romaines - © Hubert Gouleret
Mais Vercingétorix attaque les troupes romaines en repli vers la Province romaine au sud, fort de son invincible cavalerie. C’est sans compter sur l’apport de la cavalerie germanique fidèle à César. Les Gaulois sont battus et se réfugient, à la demande du jeune chef, sur l’oppidum d’Alésia, sur l’actuel mont Auxois.

Alésia ou le renoncement à l’idée d’une nation gauloise unifiée

C’est en cet endroit que la bataille décisive, sous forme de siège, aura lieu. César tente alors le tout pour le tout. Ses espions l’ont averti de ce grand rassemblement des clans ennemis et il décide d’encercler la colline et d’en faire le siège.
 
Il ordonne la construction de deux lignes fortifiées et d’un ensemble de pièges destinés à blesser les assiégés lors de toute tentative de sortie. De leur côté, les Gaulois ne se contentent pas de regarder et lancent une première attaque. C’est un échec. Vercingétorix envoie des cavaliers mobiliser des renforts dans toute la Gaule. Les jours passent, les fortifications poussent à vue d’œil et pas l’ombre de troupes amies à l’horizon. Le moral est au plus bas. La faim se fait sentir et, après concertation, il est convenu que quiconque sera inutile à la défense sortira de la ville. Inutile de dire que les ʺélusʺ mourront de faim ou seront massacrés.

Equipement gaulois - © Hubert Gouleret
Equipement gaulois - © Hubert Gouleret
Finalement, les renforts tant espérés arrivent. D’après César, leur nombre se serait élevé à 240 000 personnels à pied et 8 000 cavaliers (chiffres sujets à caution car estimés gonflés par le chef romain pour des motifs peu avouables). Une première sortie est entreprise. Sans succès. Cependant, une troisième tentative est plus disputée et l’issue reste incertaine. Mais devant l’intervention des Germains, l’armée de secours se replie en désordre et s’enfuit. César est maître du terrain. 


Vercingétorix décide de se rendre pour épargner ses hommes.

Le MuséoParc se compose de trois sites

Michel Rouger, directeur du MuséoParc
Michel Rouger, directeur du MuséoParc
Placé sous la houlette de son directeur, Michel Rouger, et initié par le Département de Côte d’Or, le MuséoParc se compose de trois sites.
 
Le Centre d’interprétation permet une totale compréhension du contexte, du déroulé et des conséquences de la bataille pour Gaulois et Romains. C’est le début de l’Epoque gallo-romaine et de la Pax Romana en Gaule. La nouvelle scénographie, ludique et interactive, est un monde de découverte qui enveloppe et charme le visiteur. La nouvelle exposition permanente, riche de quelque 600 objets, guide le visiteur tout au long de l’Histoire de ce site remontant à la Préhistoire. Les vitrines exposent l’habillement, les objets de la vie domestique et guerrière des Gaulois et l’équipement des légions romaines. Sous ambiances sonores, le film de la bataille, les personnages animés, les manipulations en tout genre et l’immersion numérique font le reste…

Vestiges de la basilique civile sur l'oppidum - © Hubert Gouleret
Vestiges de la basilique civile sur l'oppidum - © Hubert Gouleret
Les vestiges de la ville gallo-romaine située sur l’emplacement de l’oppidum lui-même, à quelque 3 kilomètres du Centre d’interprétation, montrent, à ciel ouvert, l’implantation des bâtiments et leur fonctionnalité. Notamment un théâtre de 5 000 places, une basilique, un temple, les fours des bronziers… Construite après la bataille, elle est un reflet de la vie quotidienne de la nouvelle population gallo-romaine.

Commandée et érigée par Napoléon III en 1865, la statue de Vercingétorix, haute de 6,60 mètres, tout en cuivre, dominant la plaine, est un hommage à celui qui rêvait d’une gaule unifiée.

Le MuséoParc Alésia donne, non seulement, une nouvelle envergure à cette bataille souvent résumée à peu de choses dans les manuels d’Histoire mais tord, également, le cou à certaines idées préconçues comme le sanglier dans les marmites gauloises. En réalité, cet animal était respecté, voire sacré et sa consommation confidentielle, le porc domestiqué depuis le Néolithique lui étant préféré.

Et des idées préconçues, il y en a quelques autres… A vous de les découvrir !

MuséoParc www.alesia.com

Hubert GOULERET
Samedi 21 Août 2021
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